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Yves Gros - Sculpteur



Certes, ces totems ne sont pas aussi hauts ni aussi larges que les cèdres et thuyas sculptés par les fameux Haïda des îles de la reine Charlotte. Voulant leur rendre hommage et, dans la mesure du possible, éviter tout plagiat, je me suis permis de remplacer l’animal mythique par le chat domestique. Un chat de préférence bleu (à moins que ce ne soit un lynx), tenant entre ses pattes, à l’instar des ours et des castors, une petite dame recroquevillée, tandis qu’au-dessus de sa tête féline, bien calée entre ses deux oreilles, une autre courtisane joue tantôt de la flûte, tantôt de l’éventail…

D’où le nom de totem Chaïda ! Une mythologie toute personnelle dont je ne saurais débusquer la teneur symbolique, mon premier souci étant pour moi en fin de compte plus plastique que littéraire…

Encore que je ne veuille point sous-estimer l’aspect proprement poétique de cet art, loin s’en faut puisque c’est précisément ce qui m’a d’abord attiré chez les Haïda. Comme on parle volontiers du caractère sacré de l’art africain sans pour autant dénigrer sa force plastique, J’aimerais que l’on accorde aux artistes Haïda ce mystère et cette force. Ils ont fait preuve, motivés qu’ils étaient par leurs croyances, d’une inventivité voire d’une ingéniosité tout à fait exceptionnelle parmi les sociétés tribales et cela bien avant qu’un certain Pablo Picasso n’inaugure en Europe l’ère de la modernité. Je ne peux que dire un grand merci aux sculpteurs Haïda pour m’avoir donné envie de tailler du sapin et du séquoia, pour m’avoir donné le culot de me lancer à corps perdu dans un artisanat réputé difficile… quand il n’est pas jugé ingrat !

Que « l’être-sacré-fixe-et-mobile » m’inspire d’aussi beaux chefs-d’oeuvre que ceux qu’il inspira, dans un moment de sa bonté, aux Haïda des temps jadis. Qu’il me guide sur le chemin ô combien tortueux de l’authentique création et que la vérité, armée de patience et de courage, éclaire le monde.


Yves Gros

Sculpteur


Source: biootop.com