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Pollution au plomb en Iran : les autorités plient devant la colère des habitants

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Crédits photo : France 24

Cela faisait des années que les habitants de Zanjan, dans le nord-ouest de l’Iran, interpellaient en vain les autorités pour dénoncer la pollution d’une usine de plomb. Ils ne leur restaient donc plus qu’à descendre dans la rue. Une mobilisation tellement suivie que les autorités ont préféré obtempérer en fermant le site.

Propriété de l’État, l’usine Lead & Zinc Co, située à la périphérie de la ville, fonctionnait depuis deux décennies. Les habitants ont été alertés par plusieurs études portant sur l’impact de l'activité de de l’usine sur la santé publique. Outre la  pollution de l’air, certaines analyses ont fait état de la contamination des eaux souterraines bien au-delà des limites autorisées.

Selon des témoignages d’habitants, environ 10 000 personnes sont descendues dans les rues le 11 août pour tenter de faire plier le gouvernorat. Quelques jours après, le 14 août, près de 5 000 habitants ont bravé une interdiction de manifester et organisé une nouvelle marche de protestation qui a dégénéré en affrontements avec les forces de l’ordre. Mais la voix des manifestants a été entendue, puisque le gouvernement a décidé la fermeture du site.

Une décision qui n’a toutefois pas été bien accueillie par tous, puisque les médias locaux ont immédiatement annoncé que l’entreprise allait devoir licencier au moins 400 travailleurs. Indignés, environ 300 ouvriers ont, à leur tour, organisé une contre-manifestation ce mercredi, assurant que l’usine n’avait aucun impact sur leur santé et reprochant aux autorités de ne pas les avoir avertis de l’imminence de la fermeture. Le gouvernement n’a pas dit si l’usine rouvrirait ailleurs.

Dans la ville industrielle d’Arak, dans le centre du pays, des manifestations similaires ont lieu chaque semaine, et ce depuis plusieurs mois. Les autorités sont toutefois restées inflexibles jusqu’ici face aux protestations.

"Les autorités ont placardé des pancartes dans le centre-ville annonçant la fermeture de l’usine ‘conformément à la requête des citoyens’

Au cours des cinq dernières années, nous n’avons eu de cesse d’interpeller les autorités sur les dangers liés à la pollution générée par l’usine. Ils nous répondaient toujours la même chose, à savoir qu’ils allaient étudier la question, mais que, de toute façon, une fermeture de l’usine serait préjudiciable à l’économie de la province. Il ne nous fallait donc descendre dans la rue. Notre mouvement a pris rapidement de l’ampleur, car l’information a circulé partout, par SMS, sur des tracts et à travers les réseaux sociaux et le bouche à oreille.

Après les premières manifestations, qui étaient massives, le gouvernorat nous a promis que l’usine allait être fermée, mais nous a avertis qu’il ne fallait plus sortir dans les rues. Nous sommes passés outre leur mise en garde, car nous n’avons pas cru à leur discours, et nous avons donc manifesté une deuxième fois pour exiger la fermeture immédiate du site. Il y a eu des heurts avec les forces de l’ordre qui ont fait usage de matraques pour nous disperser. Mais les femmes étant nombreuses dans le cortège, ils n’ont pas eu la main trop lourde et la manifestation s’est globalement bien déroulée.

Peu après, les autorités ont placardé des pancartes dans le centre-ville annonçant que le gouverneur venait de décider la fermeture de l’usine, "conformément à la requête des citoyens" et parce que "le règlement [y] a été enfreint". La décision a été aussitôt appliquée.

Toutefois, la fermeture ne concerne que le site principal de l’usine qui produisait du plomb. L’entreprise possède également de petites unités de production autour de la ville, qui sont restées ouvertes. Nous aimerions savoir ce que le gouvernorat compte faire de ces sites qui contiennent aussi des produits dangereux.  

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