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La viande : un danger pour tous ?

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Depuis la victoire des Etats-Unis sur l’URSS au terme de la guerre froide en 1989 nous avons pu assister à la prépondérance de l’idéologie capitaliste au détriment des autres systèmes politiques marquants de l’époque tel que le communisme. Ayant convaincu ses citoyens de la bêtise et de la débilité des courants de penser divergent, la superpuissance restante se fit un devoir d’éclairer les contrées de par le monde en leur désignant la voie à suivre pour son grand bénéfice. Ainsi, en Occident, le capitalisme, caractérisé par un mode de vie surconsommateur devenu la norme pour qui veut se plier aux désirs de l’État, est le nouveau culte par excellence. On doit posséder une maison bien entretenue, une voiture avec air climatisée et démarreur à distance, une bonne assurance dentaire tout en s’empiffrant de viande rouge chez soi ou dans les restaurations rapides. Avec la surconsommation vient évidemment la surproduction. Les Américains sont les plus grands consommateurs de viande avec 123 kilos annuellement et la production mondiale est de 283,9 millions de tonnes par ans. Plusieurs conséquences découlent de cet élevage industriel inconséquent. Dans les lignes qui suivent nous verrons donc pourquoi il serait important de réduire notre consommation de viande, que ce soit pour notre santé ou pour celle de la planète. Par la suite, nous étudierons quel éclairage deux philosophies pourraient apporter à ce problème. Aussi, des arguments en faveur de cette boucherie nuisible seront présentés pour finalement être réfutés.

En premier lieu, il faut savoir que, contrairement à ce que croit une partie de la population, la consommation de viande n’est pas entièrement bonne pour notre santé.

Lorsque l’on en abuse, les risques de contracter des maladies cardiovasculaires, des cancers, des attaques cérébrales ou d’être atteint du diabète type 2 augmentent. Soit dit en passant « les maladies cardiovasculaires, première cause de décès en Europe et aux Etats-Unis avec 17 millions de morts [annuellement], et les cancers, se sont multipliés » parallèlement à l’augmentation de la consommation de la chair animale. Si l’on se penche sur le cas des cancers, on observe que plusieurs sont causés par cet abus de viande industrielle tel que le cancer de l’intestin, de la prostate, des ovaires, des poumons, du côlon, du pancréas et du sein. Aussi, d’autres maladies comme l’hypertension, l’ostéoporose, l’hypercholestérolémie et l’obésité, le nouveau mal du siècle, y trouvent leur source.

 

De fait, la nourriture issue de la production de masse est de piètre qualité ; il n’en ressort que des aliments conceptuels. On peut prendre comme exemple les conditions dans lesquelles sont élevés les poulets : Tout d’abord, les poussins sont entassés dans des litières, laissées sales pendant la durée de leur croissance, où ils sont gavés de nourriture gorgée d’antibiotiques. Ces produits sont généralement utilisés pour prévenir et guérir les maladies, mais aussi (jusqu’en 2006) pour stimuler la croissance des bêtes. L’usage massif de ces substances contamine la viande. Les bactéries développent une résistance à ces antibiotiques qui deviennent inefficaces sur elles-mêmes et, par la même occasion, chez l’homme. Les hormones sont également employées à ces fins. L’utilisation de tels produits favorise la naissance de micro-organismes. On peut penser à la Salmonella, le Campylobacter, le Staphylococcus Aureus et l’E Coli. L’apparition de cette dernière relève d’une décision plutôt négligente. On sait que les vaches, un ruminant, ont évolué pour manger de l’herbe. Toutefois, pour des raisons économiques, c’est avec du maïs que l’on alimente ces bovins. C’est simplement pour les engraisser plus vite car, de fait, elles sont incapables de digérer cette céréale. Cette diète de maïs a provoqué l’apparition de l’E Coli résistant aux acides, un colibacille très nocif. Par la suite la propagation de cette bactérie s’est faite par les eaux de ruissellement des fermes industrielles. Plusieurs personnes ont été très malades et certaines sont mêmes mortes parce que des industries souhaitaient être productives au détriment de la qualité de leur viande. Il suffisait de nourrir les vaches avec de l’herbe pendant cinq jours pour éliminer 80% de la bactérie dans leur organisme. Évidemment les entreprises ne pourraient se le permettre puisque cela réduirait immanquablement leur productivité. On fait donc croître du bétail dans des délais inhumains. Bien souvent, leur organisme ne peut le supporter. Affaiblis, les animaux deviennent plus sensibles aux germes et leur habitat devient un véritable foyer épidémique.  

On sert donc de la nourriture avariée pour un bilan de « 90% d’intoxications alimentaires [du aux] conditions de production de la viande » par an. Heureusement le prix auquel on vend ces produits nous aide à oublier rapidement ces statistiques. Cette course à l’efficacité sera assurément fatale pour une poignée d’entres nous. Pareillement, elle ne manquera pas d’endommager gravement cette Terre qui nous héberge.

En second lieu, la surproduction de viande industrielle, conséquence de sa surconsommation, provoque des dégâts considérables sur l’environnement et ce à plusieurs niveaux. Tout d’abord, les animaux provenant d’élevage intensif absorbent une quantité impressionnante de céréales. « Pour produire 1 kg de bœuf, il faut 10 kg de nourriture ». C’est vraiment du gâchis. Au lieu de cela nous pourrions utiliser directement ces céréales pour nous alimenter. Cependant, l’élevage a la mainmise sur les ressources naturelles et alimentaire. La moitié des récoltes mondiales sont destinées aux bétails.

 

Ainsi, l’élevage intensif favorise l’expansion d’une autre industrie : l’agriculture. Un tiers de l’ensemble des terres émergées sont utilisées pour faire paître les animaux ou pour cultiver leurs nourritures. Selon Alain Karsenty, économiste au Centre de coopération internationale pour le développement, l’élevage extensif et la culture du soya sont la première cause de désertification. De même, il affirme qu’ils ont déjà détruit 80% de la forêt amazonienne. Les dégâts sont accablants, mais aucune prise de conscience ne semble se faire et étonnamment la demande en céréale ne cesse de grandir. Les cultivateurs n’ont donc d’autre choix que d’augmenter leur rendement. Cela signifie un accroissement de l’utilisation d’eau, d’engrais et de pesticides. De fait, l’élevage avec tous les besoins qu’il entraine représente 70% de la consommation d’eau en France. Pour donner une échelle de grandeur, l’agriculture française, quant à elle, emploie la moitié de la consommation annuelle d’eau. En plus de la gaspiller, l’élevage industriel pollue abondamment les fleuves et les océans de ses déjections animales, de ses résidus d’engrais et de pesticides.

 

En effet, la contamination des eaux souterraines et de surface devient préoccupante. Chaque année, c’est 13 milliards de tonnes d’antibiotiques, d’hormones et de produits chimiques qui sont relâchés dans la nature par les industries. Cette mauvaise gestion des déchets résiduels cause de graves conséquences environnementales. Par exemple, on observe, principalement en Grande-Bretagne, un nouveau phénomène appelé marée verte. Cet évènement est caractérisé par l’apparition d’algues vertes qui se répandent au bord de la mer. Ces algues émettent de l’hydrogène sulfuré, un gaz toxique lorsqu’il est inhalé et mortel lors d’un exposition prolongée. La mort de nombreux animaux marins en est la preuve.

 

Ce n’est pas là le seul gaz nocif engendré par la production industrielle. En effet, la majeure partie des gaz à effet de serre sont émis lors de divers processus de l’élevage. Le fumier et l’énergie consommée pour créer les engrais en rejettent abondamment, tout comme les bovins, avec leur digestion particulière, qui rejette du méthane. La claustration des vaches dans des usines empêche la réabsorption de ce gaz qui ce fait naturellement par les pâturages. Au total, « 22 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre proviennent de l'agriculture, une proportion similaire à celle du secteur industriel, mais supérieure à celle liée aux transports ». Ainsi, on peut remarquer que l’élevage, tel qu’il est pratiqué, provoque des contrecoups terribles au niveau planétaire. Une réforme des méthodes d’élevage serait plus que souhaitable pour limiter les dégâts, déjà inquiétants, causés.

Dans un autre ordre d’idée, deux philosophes pourraient être d’une aide précieuse en regard de cet enjeu par leur enseignement et en nous faisant profiter de leur grande expérience. D’abord on peut penser à Hans Jonas, philosophe allemand, né en 1903 et mort en 1993. Il est principalement connu pour son œuvre Le Principe responsabilité dans laquelle il explique un principe de responsabilité qui interdirait à l’homme de poser des gestes qui mettraient en péril les générations futures et, par la même occasion, qui détérioreraient la Terre. Selon lui, nous devons toujours s’assurer que nos gestes n’auront pas de répercussions néfastes sur l’habitabilité de la planète. M. Jonas serait, sans aucun doute, pour une diminution de la consommation et de la production de viande puisque, comme nous l’avons démontré plus haut, ces activités sont nuisibles pour la planète. Par après, le point de vue de Mme Gro Harlem Brundtland, née le 20 avril 1939 à Bærum, pourrait être très utile. Cette femme politique norvégienne membre du Parti du travail a acquis une grande notoriété en défendant le principe de développement durable consistant à subvenir à nos besoins sans compromettre l’habilité des futures générations à en faire autant. Ce projet à été mis en place dans le but de faire face aux conséquences résultant de notre développement actuel. Respectueuse des équilibres naturels, Mme Brundtland souhaite atteindre les mêmes objectifs que nous, soit la préservation de l’environnement. Elle approuverait cette alternative de diminuer les portions de viande présentes dans nos assiettes, qui trouve étonnamment encore des adversaires.

Enfin, quelques individus sont en désaccord avec le fait de consommer moins de chair animale industrielle. Il clame naïvement que la viande est indispensable pour notre organisme. Ceci est une grave erreur.

Il est vrai que la viande est une source riche en protéines, en fer et en autres nutriments qui eux sont essentiels pour le bon fonctionnement de notre système, mais la viande à elle seule est loin d’être bénéfique pour notre santé comme nous l’avons expliqué plus haut. On peut facilement combler cette demande en fer en mangeant d’autre aliment contenant du fer. On peut penser aux fruits séchés, aux légumes frais, aux graines de sésame, etc. Même chose pour les protéines. En plus, on produit dix fois plus de protéines avec un hectare de légumineuse que si ce même hectare fournissait des céréales destinées aux bétail.

 

Il arrive encore que des citoyens justifient leur choix de viande en raison du coût associé. Il vrai que l’élevage biologique entraîne des dépenses supplémentaires qui se reflètent lors de sa vente. Seulement, faut-il avoir de la nourriture de bonne qualité plus dispendieuse ou des aliments peu goûteux et peu chers comparables à du poison ? Mieux vaut s’abstenir que de manger de la viande industrielle. Une recherche britannique de 1986 a démontré que « sur une vie entière, les végétariens coûtaient aux services de santé environ cinq fois moins, en termes de coûts de traitements, que les consommateurs de viande ». Si l’on effectuait cette étude à notre époque les résultats seraient sans doute encore plus révélateurs. La somme d’argent que nous croyons économiser est en fait remise à plus tard. Elle s’accumule en attendant que notre santé soit dans tel état que des soins deviennent nécessaires. Ainsi notre avarice nous rattrape sournoisement. Au bout du compte quelques dollars ne sont rien pour ce qu’ils nous permettent d’éviter.

 

Le dernier argument qu’il m’a été donné d’entendre est d’une bêtise assommante. On croit que l’on ne pourrait pas nourrir toute la planète avec les techniques d’élevage traditionnel. Cependant, il faut savoir que 870 millions de personnes souffre encore de la faim, selon l'Organisation pour l'alimentation et l'agriculture de l'ONU. La production industrielle ne diminue en rien la famine dans le monde. En fait elle monopolise les ressources naturelles et alimentaires qui ne peuvent être distribuées aux personnes dans le besoin. « Une baisse de 50 % de la consommation de viande en Occident d’ici 2020 permettrait de diminuer de 3,6 millions le nombre d’enfants souffrant de malnutrition dans les pays en développement. » Néanmoins, on veut réduire la production de viande et non pas l’augmenter. Si chacun diminuait la part de chair animale présente dans son alimentation l’élevage extensif suffirait amplement.

Pour conclure, dans ce texte il a été question des méfaits que cause la surconsommation de viande industrielle et de la surproduction qui en découle. Cette alimentation nuit gravement à notre santé et endommage l’environnement. Par ailleurs, la pensée de deux philosophes pouvant éclairer certain aspect du problème a été présentée. Du reste, des arguments prônant la continuité des chaines de fabrication ont été présentés pour être immédiatement réfutés. Finalement, ces dernières années, nous avons pu assister à la renaissance d’un mouvement respectueux de l’environnement chez les perdants de la guerre froide, plus précisément chez les Russes. C’est avec les livres « Ringing Cedars » de Vladimir Megre qu’un mode de pensée écologiste a refait surface. Ces romans encouragent une vie de famille simple et autonome basée sur les valeurs russes traditionnelles soucieuses des équilibres naturels. Par la suite, influencées par ces propos, plusieurs villes se sont organisées pour former des éco-villages. On a dénombré, en 2004, jusqu’à 150 éco-villages à travers la Russie. On ne peut qu’espérer voir ce mouvement prendre de l’ampleur pour qu’il délivre les vaincus de l’influence qu’on ses tyrans insouciants et rapaces sur lui.

 

Source : http://www.agoravox.fr