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Friche viticole : par ici le bio pain

Dans le Minervois, des paysans partent à la reconquête des friches viticoles en développant une filière complète, de la culture à l'assiette, avec du blé bio. Les éleveurs aveyronnais sont aussi de la partie.

Yann Bertin, Alexis Metge et une autre dizaine de paysans du cru ont un plan du tonnerre pour reconquérir les friches viticoles : semer du blé bio. Dans le Minervois, à la sortie de Laure, l'expérimentation porte ses fruits. La céréale en herbe ondule dans les champs d'un vert acidulé qui éclate de vie. Et d'espoir. Celui de vivre au pays et d'y gagner son pain, en autonomie. Ce pain-là, justement, se dégustera en juin lors de festivités (lire encadré). Le céréalier et le vigneron qui se diversifie dans la culture de la touselle (entre autres) comptent beaucoup sur cette manifestation pour valoriser Flor de Pèira, à la fois marque et filière. «On a tout : un meunier au pays de Sault, des boulangers qui ont bien besoin de développer de nouveaux marchés et des consommateurs qui veulent des produits sains et d'ici», explique Yann Bertin. Avec des chercheurs de l'Inra, à force de sélections depuis six ans, il a trouvé sa «population» de blé tendre : soit un mélange de variétés locales anciennes. Et d'énumérer la fameuse touselle, le barbu du Roussillon, le rouge de Bordeaux… «On n'invente rien. On ne fait que revenir à un mode de culture ancestral», dit le paysan. Un mode interactif, agroécologique. L'arrachage de la vigne a saigné le paysage. Et des décennies de monoculture et de phytosanitaires ont épuisé la terre. Impossible de la cultiver en l'état. Première étape : y faire lever des fourrages. Le sainfoin, la luzerne ou les féveroles la rechargent en azote, indispensable pour faire pousser du blé. «Au bout de quatre ans, c'est prêt : on peut mettre du blé en culture, observe le céréalier. Du fourrage, oui, mais pour en faire quoi me direz-vous ? Pour nourrir les bêtes !C'est un groupement d'éleveurs aveyronnais du Larzac, le GIE de l'Esparcet qui se charge, par l'entremise d'un contrat de vente d'herbe sur pied, de moissonner et d'emporter la production. Ils lui doivent une fière chandelle : les sécheresses successives ont amoindri, voire anéanti leurs propres récoltes. Cette année, ils auront 170 ha à faucher (contre 60 ha l'an passé). L'expérience a fait des émules ; des éleveurs des Corbières ont constitué un groupe pour s'approvisionner pareillement.

«On encourage ces plantations pour remettre en route ces surfaces. C'est le meilleur moyen pour ensuite planter en bio du blé dur et du blé tendre parfaitement adaptés à ce territoire. Le potentiel économique est très intéressant. Sur cette zone, 1 000 ha peuvent être largement utilisés pour du blé dur», souligne Max Haefliger, le technicien Biocivam11 qui accompagne la démarche. Quant au blé tendre bio, estampillé Flor de Pèira, l'objectif est d'atteindre une production de 200 tonnes annuelles de farine, moulue «sur meule de pierre». Seul bémol, le rendement. En bio, il ne dépasse pas la fourchette des 15 à 30 quintaux de blé tendre l'hectare, contre 40 quintaux (a minima) en conventionnel. La tonne de blé tendre bio oscille entre 500 et 700euros. «Oui, mais si vous ajoutez tous les engrais et les désherbants qu'il vous faut pour le blé en conventionnel, ça revient au même. Nous, en plus, on reconquiert notre terre avec une culture saine», défend Yann Bertin.

Source: Ladepeche.fr

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