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Paul et Marc ont tout quitté pour devenir maraîchers bio

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Marc, 29 ans, à gauche, et Paul, 27 ans, deux amis venus de la ville, qui se  sont lancés dans l'aventure de la production maraîchère, alors qu'ils n'y  connaissaient rien. « Les néoruraux c'est nous ! »

Marc, 29 ans, à gauche, et Paul, 27 ans, deux amis venus de la ville, qui se sont lancés dans l'aventure de la production maraîchère, alors qu'ils n'y connaissaient rien

 

Les deux compères ont quitté Paris pour s'installer en maraîchage bio à Saint-Michel-et-Chanveaux (Maine et Loire), en 2008. Pour cela, ils ont travaillé dur. Et sont même allés en Inde et au Népal pour se former !

C'est l'histoire de deux mecs. Paul et Marc. Marc, le petit bouc qui va bien, les yeux clairs. Paul, les dreadlocks, les mains dans les poches. Et le rire facile.

Deux mecs à qui on ne prédisait pas un avenir dans le maraîchage. Tout simplement parce qu'il y a encore dix ans, ils n'y connaissaient rien.

C'est que les deux gars sont de la ville. La grande, la capitale. Paris. « On s'est connu en seconde, au lycée », précisent-ils. Là-bas, en 2003, ils y ont dégoté un bac... littéraire.

Et puis, ils ont eu envie de changer d'air. « Prendre le large, comme ils disent, et s'orienter vers la terre. » Cette terre que leurs parents ou leurs grands-parents ont connue, eux. Cette terre qu'ils ont eu envie de cultiver, pour en partager les bienfaits.

« On a lutté pour accéder aux formations »

« Quand Paul m'a parlé d'un projet d'installation en maraîchage, je me suis rendu compte que c'était vraiment ce que je voulais faire », sourit Marc. Il a dit « banco ».

Pourtant, les débuts n'auront pas été faciles. « Après le bac, on a dû lutter pour avoir accès à des formations. On n'était pas du milieu, on n'avait pas de compétences. »

Certes. Mais ils avaient l'envie. Paul a décroché un BTS Analyse et conduite des systèmes d'exploitation (Acse), à Angers. Pour Marc, un brevet professionnel Responsable d'exploitation agricole (BPREA), obtenu à Rennes.

Et comme rien ne remplace la pratique pour apprendre, ils ont également travaillé « à droite, à gauche », dans une quinzaine d'exploitations. Ici, là, ailleurs. Jusqu'en Inde et au Népal !

« C'est un maraîcher des Charentes qui nous a dit que là-bas, l'activité était très manuelle, que nous y apprendrions beaucoup. » Effectivement, ils ont beaucoup appris. Au Népal, Marc a même trouvé l'amour de sa vie, Shanti. Qu'il a épousé.

Et puis, au bout d'un moment, il a fallu s'installer. C'était en 2008. « Cela s'est fait rapidement. Une Amap (Association pour le maintien d'une agriculture paysanne) était en cours de création à Saint-Michel-et-Chanveaux. Ils manquaient de maraîchers. »

« Énormément de travail »

Aujourd'hui, à La petite Mâne, Paul et Marc travaillent une cinquantaine de légumes, sur 2 ha et 2 200 mètres carrés de serres. Tout en bio.

Chaque semaine, ils livrent une centaine de paniers à deux Amap ; celle de Segré et celle de Saint-Michel. « Nous faisons également le marché de La Guerche-de-Bretagne (Ille-et-Vilaine). » Bref, ils ne se plaignent pas.

« Nous bénéficions d'un réseau fidélisé, qui plaît aux gens. Nous sommes partis avec des objectifs et, au bout de deux ans, nous les avions remplis. »

Revers de la médaille : « C'est énormément de travail. L'Amap, c'est sécurisant pour les paysans, mais on n'a pas le droit de se relâcher. »

Néanmoins, Paul et Marc peuvent compter sur l'entraide qui existe entre les maraîchers du secteur. « Il y en a de plus en plus, dans le Nord-Anjou. Et c'est tant mieux. Pour nous, ce sont plus des collègues que des concurrents. »

Voilà. C'est l'histoire de Paul et Marc. Deux amis, unis par les liens de la terre. Deux mecs sympas, à qui on ne prédisait aucun avenir dans le maraîchage. Cela fait cinq ans que ça dure...

Contact : 06 17 96 68 60.

Source: jactiv.ouest-france.fr