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Agriculture bio : une année charnière.

La Fédération nationale d'agriculture biologique a tenu fin mai son assemblée générale en Normandie. L'occasion d'engager le dialogue avec le nouveau ministre de l'Agriculture.

Réunie les 29 et 30 mai à Argentan à l'occasion de son assemblée générale, la Fédération nationale d'agriculture biologique (Fnab) a accueilli les représentants des associations France nature environnement (FNE), Agir pour l'environnement (APE), l'UFC Que choisir, la FNSEA, la Coordination rurale et de la Confédération paysanne pour un colloque sur le thème « L'agriculture biologique, une agriculture à part entière ».
Le ministre de l'Agriculture et de l'agroalimentaire, Stéphane Le Foll, a transmis un message vidéo à cette occasion, de quoi rassurer les adeptes du bio.

La règle des vingt

« Comme le président de la République s'y est engagé, la diversité de l'agriculture française intègre totalement l'agriculture biologique. Cette agriculture s'est développée mais connaît aussi, avec la fin du plan bio, une nouvelle étape à laquelle il faudra réfléchir ensemble. Cette étape s'inscrira aussi à l'échelle de la politique agricole commune où il faudra défendre l'avenir de cette agriculture bio en Europe et bien sûr en France. Vous pourrez compter sur moi. Je compte sur le dialogue que nous pourrons mettre en place pour pouvoir faire progresser l'agriculture biologique. »
De son côté, la Fnab demande au gouvernement de consacrer 20 % du budget agricole français à l'agriculture biologique pour atteindre l'objectif de 20 % de surface agricole bio en 2020 fixé lors du Grenelle de l'environnement. « On veut un plan bio avec des moyens à la hauteur des ambitions. A partir du moment où on a pour objectif 20 % de la surface agricole, on veut 20 % du budget du ministère de l'Agriculture », a indiqué Dominique Marion, président de la Fnab. Pour se faire, il demande, entre autres, une hausse des crédits recherche qui, selon lui, sont actuellement bien insuffisants. « Sur les 29 000 chercheurs de l'Inra, seuls 29 équivalents temps plein (soit une centaine de personnes) travaillent sur l'agriculture biologique. » Le ministre s'est engagé à participer à une réunion sur le sujet et à discuter de tous ces points y compris sur l'approvisionnement en produits bio dans les cantines.

Les positions

Pour les environnementalistes, l'agriculture biologique est une référence pour penser et mettre en œuvre la transition écologique et sociale de l'agriculture conventionnelle. Stephen Kerckhove (APE) précise qu'il faut éviter une agriculture duale où les 25 000 producteurs bio cacheraient « la forêt transgénique » d'une agriculture industrielle. Jean-Claude Bévillard (FNE) a rappelé que le combat sur la réduction des pesticides est très difficile car là se joue le changement de système agricole.
Présentant l'étude de l'UFC Que choisir sur les pollutions agricoles de l'eau, Olivier Andrault rappelle que les consommateurs ne veulent plus payer à la place des « pollueurs » et indique que l'agriculture biologique fait partie de la solution pour retrouver la qualité des eaux. Tous s'accordent sur une vraie mesure bio dans la future PAC.

Consensus

Les objectifs de 20 % de la surface agricole utile en bio en 2020 sont clairement acceptés par les représentants des syndicats agricoles. Pour Philippe Collin, porte-parole de la Confédération paysanne et paysan bio, « toutes les agricultures ne se valent pas, elles ne sont pas aussi prometteuses d'avenir que l'agriculture biologique ». Pour Bernard Lannes, président de la Coordination rurale, « l'agriculture de demain passera aussi par le bio ». Il dit adhérer aux propositions faites par la Fnab dans son cahier propositionnel. Pour Daniel Prieur, secrétaire général adjoint de la FNSEA, « l'objectif de 20 % est ambitieux, mais le jeu en vaut la chandelle ».

 

La compétitivité du blé français en jeu

A l'heure de la mondialisation, la France n'est pas forcément la mieux placée en terme de compétitivité dans la production du blé.
Les frais de mise sur le marché seraient acceptables selon l'institut Arvalis mais les céréaliers français sont pénalisés notamment par les coûts de main-d'œuvre. Pour améliorer leur compétitivité, les agriculteurs devront se concentrer sur la maîtrise de leurs charges fixes selon le dernier rapport d'Arvalis.
L'étude a comparé les paramètres qui font la compétitivité du blé des principaux producteurs mondiaux via un observatoire international afin de mesurer la compétitivité des blés français. La France pourrait continuer à perdre des marchés. Le coût de la main-d'œuvre pour acheminer le blé joue aussi en sa défaveur.
Le rapport indique que les blés russes et ukrainiens sont très compétitifs en sortie d'exploitation grâce à des coûts de production faibles, quasiment deux fois inférieurs à ceux de la France. En revanche, les coûts de mise sur le marché sont plus élevés, de l'ordre de 40-45 € la tonne contre 15-20 € en France.

La concurrence

Si les blés français bénéficient d'une distorsion de concurrence de l'ordre de 35 € par tonne grâce aux aides européennes, ils pâtissent de coûts de main-d'œuvre beaucoup plus élevés. Ainsi, un chauffeur sera payé deux à trois fois moins cher en Russie ou en Ukraine qu'en France. Cette distorsion de concurrence est évaluée à 60 € tonne en Ukraine. D'autres éléments entrent en jeu comme les fortes variations des taux de change des pays de l'Est depuis la crise de 2008 ainsi que les différences de réglementation.

Les Russes sont des concurrents sérieux, car leurs blés sont de très bonne qualité, parfois même supérieurs aux nôtres. Les Ukrainiens visent avant tout la quantité et ne se positionnent donc pas tout à fait sur le même créneau. La concurrence de l'Argentine est plus limitée, car le blé est en compétition avec d'autres cultures, telles que le maïs, le soja ou l'orge brassicole.
Pour gagner des marchés, les céréaliers hexagonaux doivent viser la qualité et des hauts niveaux de productivité, le rendement divisant les charges. La maîtrise des charges, et plus spécifiquement les charges fixes comme les frais de main-d'œuvre et de mécanisation, est également essentielle pour être compétitif.

Maîtrise des intrants, recherches en biotechnologies pour améliorer la résistance génétique des plants, le choix des matériels de culture aussi, sont les domaines de prédilection de l'institut Arvalis. Reste à améliorer l'organisation des producteurs et les décisions politiques pour faire que la France reste l'un des pays les plus productifs.

Source: Paris-normandie.fr

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