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Les propositions des "Elders" pour éviter que le sommet Rio+20 ne soit un échec .

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L’ancien Premier ministre de Norvège, ex-directrice générale de l’Organisation mondiale de la santé, et l’ancien président du Brésil, membres des Elders, disent leur profonde inquiétude à trois semaines de la conférence des Nations Unies sur le développement durable, Rio+20.


Tous deux participent à Elders+Youngers, un dialogue intergénérationnel sur l’avenir de la planète initié par The Elders, un groupe d’éminents dirigeants mondiaux qui œuvrent ensemble pour la paix et les droits de l« homme.

Cela fait longtemps que nous sommes engagés dans la vie publique. Nous, membres des Elders, savons que le changement prend du temps. Nous ne sommes donc pas du genre à nous inquiéter si les choses évoluent à petit pas.

Mais le manque d’urgence dans la préparation du Sommet de Rio+20, prévu du 20 au 22 juin, met notre sens de l’optimisme à rude épreuve. Cette rencontre est une occasion historique d’envisager un avenir durable et équitable pour notre planète. Or, pour l’heure, force est de constater que cette occasion risque d’être gâchée.

Tous les échos que nous recevons nous laissent penser que nous sommes bien loin d’un accord sur la marche à suivre. Les pays sont divisés, tant sur les objectifs que sur les moyens.

Le gouffre est tel que les diplomates qui doivent se réunir cette semaine à New York, au siège des Nations Unies, pour définir le plan d’action qui sera signé par les dirigeants mondiaux lors de la conférence de Rio, ont dû demander cette semaine de négociation supplémentaire. A moins que les clivages ne soient surmontés d’ici la semaine prochaine, les chances de réussite du sommet paraissent lointaines.

Rappelons-nous le succès du Sommet de Rio en 1992

Nous sommes donc profondément inquiets. La réussite – ou l’échec – de Rio aura de profondes conséquences, à la fois sur les aspirations des 3,5 milliards de jeunes qui vivent aujourd’hui sur la planète, et sur le monde que nous laisserons aux générations futures.

C’est notre génération de dirigeants mondiaux qui, lors du premier Sommet de Rio, en 1992, a reconnu que la croissance économique ne pouvait être notre seul objectif. Rompant avec la vision qui prévalait jusque là, nous avons reconnu que, dans un monde aux ressources finies, le développement économique devait aller de pair avec le progrès social et la protection de l’environnement, dans le respect du droit de chaque pays à se développer.

Ces vingt dernières années, le concept du développement durable a révolutionné la pensée de millions de gens. La prise de conscience de notre responsabilité partagée a ouvert la voie aux Objectifs du Millénaire pour le développement.

De nombreux pays ont pris des mesures pour réduire la pollution et investir dans les énergies renouvelables. Les entreprises ont pris l’habitude de regarder au delà du court terme et ont commencé à mesurer l’impact social et environnemental de leurs décisions.

Climat, eau, inégalités : tout s’aggrave vite

Mais plus nous apprenons, plus nous nous réalisons la gravité de l’enjeu. Ni le courage, ni la volonté politique n’ont encore émergé pour traduire les bonnes intentions en actions efficaces et collectives. Ce courage et cette volonté politiques relèvent de notre responsabilité commune. C’est à chacun d’entre nous de faire pression sur nos gouvernements.

En attendant, nous voyons tout autour de nous les effets de notre inaction. Nos schémas de production et de consommation non durables continuent d’imposer des demandes excessives à nos diverses ressources, dont l’eau. Nous continuons d’altérer le climat en polluant notre atmosphère.

Les inégalités s’accroissent entre les pays et au sein de ceux-ci. La crise financière et la flambée des prix des denrées alimentaires compliquent la situation. Une personne sur sept dans le monde ne mangera pas à sa faim aujourd’hui.

Nos propositions

L’extrême pauvreté accentue la dégradation de notre environnement. Difficile de se concentrer sur le long terme lorsqu’on doit chaque jour se battre pour nourrir sa famille.

Le Sommet de Rio offre aux dirigeants du monde l’occasion de relever ces défis et de donner un coup d’accélérateur aux progrès de ces vingt dernières années. La tâche est immense, mais plusieurs domaines critiques méritent une attention plus particulière.

1 - Redéfinir des objectifs universels

 

Premièrement, nous devons tirer les enseignements de la réussite des Objectif du Millénaire pour le développement. Les efforts doivent être intensifiés avant la date butoir de 2015, mais ils ont prouvé que des objectifs communs étaient porteurs d’action collective.

La définition d’Objectifs de développement durable, englobant les dimensions économique, sociale et environnementale du développement, pourrait galvaniser les efforts pour bâtir une croissance économique qui permette de réduire la pauvreté et les inégalités tout en préservant l’environnement. Ces objectifs devraient être de nature universelle, mais déclinés en fonction de la situation de chaque pays.

2 - Créer un conseil du développement durable

 

Deuxièmement, nous n’avons pas encore trouvé le bon mécanisme pour garantir que le développement durable soit une priorité pour tous. Nous pensons que la création d’un Conseil du développement durable au sein des Nations Unies, doté d’un mandat clair et des moyens suffisants, pourrait faire une réelle différence.

 

3 - Pour une énergie durable pour tous

 

Troisièmement, nous devons davantage soutenir l’initiative Énergie durable pour tous du Secrétaire général des Nations unies. Le manque d’accès universel à une énergie moderne et durable a une incidence majeure non seulement sur le changement climatique et la lutte contre la pauvreté, mais aussi sur la santé.

Les fumées produites par le bois, le fumier et le charbon utilisés pour la cuisine et le chauffage constituent un des principaux problèmes mondiaux de santé publique. De gros investissements doivent être consentis pour accélérer l’abandon des combustibles fossiles et améliorer l’efficacité énergétique.

4 - Sans oublier les femmes

 

Enfin, le véritable développement durable s’articule autour d’avancées plus rapides en matière d’égalité hommes-femmes. Partout dans le monde, les femmes se heurtent à des obstacles qui les empêchent de jouer leur rôle dans nos économies, nos parlements et nos sociétés. Nous irons droit dans le mur si nous ne donnons pas à la moitié de l’humanité la possibilité de réaliser son potentiel.

Il est de notre responsabilité à tous – entreprises, membres de la société civile et individus – d’aider nos économies à croître d’une manière qui profite à tous et qui préserve notre planète pour les générations futures.

Ce n’est qu’en travaillant ensemble que les gouvernements parviendront à créer les conditions propices au succès du développement durable. Voilà pourquoi Rio +20 doit être un moment de courage et de vision.

Source: rue89.com

Site des Elders: The Elders.org