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Planète: Accès à l’eau : deux mois pour changer le monde

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Au niveau local, régional ou mondial, l’accès à une eau de qualité est primordial. Il est donc nécessaire que ce sujet autant politique, que scientifique et civil fasse place à une concertation majeure à la veille de la conférence des Nations Unies pour le développement durable « RIO+20 ». Le 6ème Forum de l’Eau, qui se tiendra à Marseille du 12 au 17 mars, fait partie des évènements préparatoires indispensables avant ce grand rassemblement prévu cet été.

 

L'eau, la planète et les peuples....

Le Forum Mondial de l'Eau, qui regroupe tous les trois ans depuis 1997 des acteurs "eau-tement" humains, se veut mobilisateur d’ imagination, d’innovations, de compétences et de savoir-faire afin de faire avancer les choses. Pour autant, seules  les bonnes volontés politiques, scientifiques, et une minime partie de la société civile réunies ce jour là seront vraiment écoutées. Une vraie crise humaine et écologique est engagée ! Les profils "humanitaires", forces de propositions, cherchent à se faire mieux entendre et organisent donc un forum Alternatif Mondial de l’Eau les 9 et 10 Mars 2012 dans la cité phocéenne.

A l'initiative de La Fondation Danielle Mitterrand et du CRID, en partenariat avec la Coalition Eau et l’Effet Papillon, ce rassemblement en marge des négociations officielles veut alerter l’opinion publique sur ce que les associations découvrent chaque jour sur le terrain : l'épuisement des ressources et des Hommes. il faut donc agir maintenant pour l'eau, la planète et les peuples.

 

L’accès à l’eau n’est pas un droit fondamental pour tous

« Vouloir une gouvernance mondiale de l’eau » part tout d’abord d’un constat intolérable : 1,1 milliard de personnes dans le monde n’ont pas accès à l’eau potable, dont 2 tiers en Asie. Sans oublier les 2,6 milliards de personnes qui ne sont pas raccordées à un réseau d’assainissement, et les 1,8 millions de personnes qui meurent chaque année (dont 1,1 millions d’enfants !) en raison de maladies liées à une eau insalubre. (1)

Une véritable détresse humaine, alors que l’eau représente 75% de la matière présente sur terre. Alors que 20% de la population mondiale possède 80% des richesses. Alors que 9 pays détiennent à eux seuls 60% des réserves mondiales en eau potable. Alors que de nombreux peuples indigènes abritent près de 80% de la réserve mondiale de biodiversité et se voient contraint de porter et supporter le poids de la destruction environnementale des plus riches.

 

La société civile s’organise

 

L'UNESCO entend par société civile, l'auto-organisation de la société en dehors du cadre étatique ou du cadre commercial, c'est-à-dire un ensemble d'organisations ou de groupes constitués de façon plus ou moins formelle et qui n'appartiennent ni à la sphère gouvernementale ni à la sphère commerciale.

Les ONG, les fondations et les associations en sont le pilier. Sur le terrain, elles travaillent main dans la main sur le terrain, à travers tous les continents, pour faire que l’eau soit un droit pour tous. La société civile agit pour renforcer les infrastructures et les capacités de gestion. Les organisations non gouvernementales collaborent sur des projets de gestion de l’eau, d'environnement ou d'énergie. Des actions indispensables pour la survie de certains peuples !

 

Par exemple, France Libertés promeut en ce moment même la collecte des eaux pluviales dans le désert du Thar en Inde. Partenaire de l’association Gravis, la fondation Danielle Mitterrand, s’est impliquée dans la conservation et la transmission de techniques traditionnelles de récupération d’eau de pluie. Une centaine de personnes sont concernées par ce projet là, mais la liste n’est pas exhaustive.

L’association Kilbacter est une association dont la principale mission est de permettre l’accession à l’eau potable pour tous en Afrique. Quant-à l'Association Eau Vivante, elle navigue entre écotoxicologie et Humain "bio". Les eaux à travers le monde sont largement polluées par les engrais et les pesticides chimiques, les métaux lourds, les composés dérivés du pétrole, les nitrates, les phosphates, les coliformes fécaux pour ne citer qu'eux. Cette association propose donc des alternatives éco-friendly aux autochtones touchés par les pollutions chroniques.

A ce titre, les associations estiment avoir un droit de paroles. Mieux que cela, elles se font les porte-parole de la société civile. Le forum Mondial alternatif de l’eau sera le moment d’échanger sur la place de l’eau au centre de nos sociétés, les actions mises en place, les succès obtenus et les difficultés rencontrées. Une sorte d’agora humaniste.  Au-delà de l’approche technico-financière classique, les associations souhaitent remettre la dignité de l’Homme au coeur des débats.

 

Un forum alternatif ? Indispensable !

 

On éclaire encore trop les problèmes urbains, alors que les problèmes des ruraux dans les pays du sud n’ont jamais été aussi visibles pour ceux et celles qui sont au quotidien confrontés au manque d'eau sur le terrain.

La raison d’être « d’eau, planète et peuple – le forum mondial alternatif de l’eau » sera au moins celle-ci : trouver des solutions pour fédérer ONG, associations sur le terrain, « spécialistes » de l’eau…et éviter le clivage entre l’action humanitaire et les associations alternatives partout dans le monde, même dans les régions les plus reculées.

Parce que ne pas considérer l'eau comme une priorité, c’est un peu comme mettre un pansement sans y associer des soin. Parce que ne pas inscrire l'accès à l'eau comme un droit universel, c’est faire marche arrière sur les droits de l'Homme acquis par nos sociétés. Un vieux proverbe chinois disait : ‘à un homme affamé, mieux vaut donner une canne à pêche qu'un poisson '. En matière d’eau, « mieux vaut assainir environnementalement le monde» que de fournir une moustiquaire. Préférer le soin au pansement...même si le pansement est indispensable.

Penser global, agir local, centraliser les bonnes volontés et les décisions participatives…Le forum alternatif de l’eau « Eau, planète et peuples » se donne 2 mois pour alerter et changer la donne. Présidentielles dans moins de 60 jours : les candidats sont d’ores et déjà prévenus…

(1) Source : rapport « Progrès en matière d’assainissement et d’alimentation en eau » UNICEF et OMS (2010)


Source: lachaineducoeur.fr