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Fisker Karma: de l’art de conduire zen, durable et beau

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Pour les bouddhistes, la notion de karma est centrale. De tous les actes dont on est l’auteur découlent, dans les vies présente et futures, des conséquences qui peuvent être favorables ou négatives. Faire le bien produit du «bon» karma. Agir en calculant, en attendant quelque chose en retour, assombrit ledit karma. Et l’addition se paie, tôt ou tard.

Dans l’esprit d’Henrik Fisker, le designer danois, et de Bernhard Koehler, le designer-manager allemand, le but est clairement de produire du karma positif. Le moyen? Inventer une auto qui aurait un maximum de qualités pour satisfaire la plus folle des passions de conduire, tout en respectant la planète.

Ou quand le zen oriental rejoint le très occidental «beurre, argent du beurre et cætera»…

Un instant de grâce

L’idée? Venant de deux fous du design, l’envie de créer une voiture sublime, aux formes enchanteresses, n’étonnera personne. Dame! Henrik Fisker n’a-t-il pas imaginé les courbes vertigineuses de voitures de légende telle l’Aston Martin DB9, l’Aston Martin V8 Vantage ou la BMW Z8?

Le premier contact avec la Fisker Karma de série a lieu dans la cour d’un Palazzo milanais. Un instant de grâce. Dans un sublime écrin de pierres centenaires trône une authentique sculpture mécanique. Noire. Massive. Racée. Impressionnante.

Des lignes, d’une pureté absolue, courent d’un avant effilé et agressif vers une poupe ramassée. Comme prête à bondir, la Karma ressemble à un fauve. L’impression de puissance bestiale est encore renforcée par des roues au diamètre démesuré. Vingt-deux pouces! Hallucinant!

Ainsi campée sur ses jantes folles, la Karma a un côté presque aérien. Il n’en est rien: elle pèse près de deux tonnes et demie!

Mais alors? Où est donc l’esprit «développement durable»? A qui veut-on faire croire que ce monstre de puissance ultrasportif est autre chose qu’un nouveau joujou pour golden boys fous de performances?

Il suffit d’y regarder d’un peu plus près… A l’arrière, par exemple. Où l’on ne distingue pas la moindre trace d’un pot d’échappement. Et pour cause: la Karma est une voiture électrique!

Enfin, presque… Car à bien l’observer, on remarque finalement deux tout petits pots d’échappement. A l’avant, juste derrière les immenses jantes antérieures. Le secret? Ils servent à évacuer les gaz d’un moteur 2.0 litres d’origine General Motors. Mais ledit moteur n’entraîne pas les roues, il ne sert qu’à fabriquer l’électricité nécessaire à l’«extenseur d’autonomie» du système EVer.

On s’explique. Dotée, dans son couloir central, d’une gigantesque «pile» électrique de type lithium-ion, la Karma est capable de parcourir entre 60 et 80 km en mode 100% électrique. Baptisé «stealth», en l’occurrence. Idéale pour un trajet quotidien jusqu’à son lieu de travail. Où au centre de grandes villes qui, à l’instar de Milan ou de Londres, imposent des taxes aux véhicules polluants qui se rendent dans le centre.

De plus, elle est bien évidemment dotée de systèmes de récupération de l’énergie de freinage et de décélération. Et même, pour les trajets en descente, d’un mode spécial, activable par la palette droite du volant, qui sert de «frein» électrique, tout en récupérant un maximum d’énergie, restockée dans la batterie.

Si, d’aventure, votre trajet s’avérait plus long, ou si vous aviez l’intention d’utiliser le mode «sport» pour exploiter au maximum les qualités radicales de la bête, le moteur d’appoint se met en route. Et vous offre ainsi une autonomie pouvant atteindre 480 kilomètres. A ce moment, les chiffres annoncés sont de 2,4 l/100 km pour la consommation moyenne et de 83 g/km pour les émissions de CO2.

Mais les concepteurs sont allés plus loin encore. Le toit est entièrement recouvert de cellules photovoltaïques, ce qui permet de faire fonctionner la ventilation et la climatisation sans piocher dans la batterie principale.

Matériaux recyclables

Sans oublier les autres aspects écologiques de l’engin. Comme l’utilisation de matériaux aisément recyclables. Ou l’emploi, pour le design intérieur, d’éléments de bois issus de ressources forestières exploitées à la suite d’incendies ou de tempêtes en Californie, ainsi que de bois flotté sur les lacs du Michigan.

Et si aucun arbre n’a été abattu pour fabriquer une Karma, le cuir de ses sièges vient d’une usine à autosuffisance énergétique. Faire le bien, pour récolter le bien. Encore et toujours, jusque dans le détail.

Et à conduire? Malgré sa taille impressionnante et son poids conséquent, la Karma se révèle très facile à maîtriser. Même dans la circulation urbaine du centre de Milan! Sacrée gageure! Sur la route, même constat: active, vive et réactive, elle exploite à fond le couple redoutable de son moteur électrique pour procurer un plaisir de conduite bien réel.

Et il est fascinant de rouler sur autoroute à bord d’un véhicule qui ne produit aucun bruit de moteur. Ça se gâte un peu, en revanche, quand on fait appel au moteur auxiliaire dont la sonorité étrange vient quelque peu gâcher le plaisir.

Et un bref test sur circuit aura suffi à nous convaincre de la stabilité de son assiette et de l’efficacité de son freinage.

Source: lematin.ch