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Pour une banane antillaise : DURABLE ET PLUS PROPRE

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La filière bananière antillaise et les instituts de recherche étaient réunis récemment à Capesterre-Belle-Eau, afin de faire le point sur les dernières innovations pour une production durable. Les résultats et perspectives ouvertes par les travaux des scientifiques dans le cadre du plan « Banane durable » ont été présentés.

Il y a une dizaine d'années - bien avant le lancement officiel en 2008 du plan « Banane durable » par le ministère de l'Agriculture et à l'initiative des producteurs des Antilles -, la filière bananière antillaise s'engageait résolument avec les instituts de recherche que sont le Cirad et le Cemagref (lire encadré ci-dessous) dans un plan de développement durable de la banane.

L'objectif était de lutter contre les cercosporioses du bananier, qui mettent en danger la filière économique, et de trouver ensemble de nouvelles méthodes de culture permettant de réduire considérablement, voire d'éliminer complètement, l'usage des pesticides. Aujourd'hui, les planteurs de Guadeloupe et de Martinique se disent parfaitement prêts pour faire savoir au consommateur que leur banane, « propre, respectueuse de la terre et des hommes, est la meilleure et la plus durable au monde ».

Récemment, les différentes parties qui se sont rencontrées pour mettre au point des solutions de lutte et de développement des outils pour une production durable, ont fait le point sur les dernières innovations, les résultats et les perspectives ouvertes par le travail des scientifiques.

Optimiser les techniques de traitement aérien

Cette journée s'est déroulée à Capesterre-Belle-Eau, d'abord à la Plantation Grand-Café, puis au Cirad de Neufchâteau. Éric de Lucy, président de l'Union des groupements de producteurs de banane (UGPBAN), et Tino Dambas, président de l'Institut technique tropical (IT2), ont présenté les enjeux de recherche et de développement de la filière. Une double intervention qui a permis à Gérard Matheron, président du Cirad, d'embrayer sur les nouveaux systèmes de production, tant au niveau des avancées que des perspectives. Une démonstration du nouveau matériel, prototype de traitement terrestre contre la cercosporiose, a permis aux nombreux participants à la journée d'informations de toucher du doigt les principales avancées du projet Optiban, mené par le Cémagref et mis en place en mars 2008 par la filière banane antillaise, en partenariat avec le ministère de l'Agriculture et de la Pêche. Un programme qui vise à optimiser les techniques de traitement aérien et à trouver des solutions terrestres complémentaires. Il permet ainsi de respecter la directive-cadre européenne de 2009 sur l'utilisation des pesticides.

Les producteurs ont visité la plateforme d'innovation, mise en place par l'IT2 et le Cirad. Le point a été fait sur les nouvelles variétés de bananiers hybrides - non OGM -, résistant à la cercosporiose noire, qui a mis un demi-siècle avant d'envahir la Guadeloupe, mais constitue aujourd'hui une contrainte de production majeure.

La « 925 » , une banane résistante et au bon goût

Selon les scientifiques de la section « Diversification végétale » de l'IT2, ces dernières sélections, issues du programme d'amélioration génétique du Cirad et en cours d'évaluation, devraient, à moyen, voire à long terme, permettre d'éviter tout traitement des feuilles de bananiers. Celles-ci seront prochainement testées dans des parcelles de plusieurs producteurs.

La variété la plus avancée de la plateforme, la « 925 » , a été présentée comme une banane résistant aux maladies, au goût et au parfum aussi intéressant que la Cavendish. Les planteurs ont également évalué sur le terrain, le développement des systèmes de culture innovants et agro-écologiques. Ils ont surtout mesuré l'intérêt des plantes de couverture, permettant le contrôle des mauvaises herbes dans les parcelles, sans utilisation d'herbicide.

L'après-midi a été consacrée à une série d'exposés scientifiques et techniques. Les chercheurs ont fait le point sur la situation des cercosporioses aux Antilles, l'évolution de la réglementation des épandages aériens, la protection des opérateurs des produits phytosanitaires, la cartographie des zones interdites aux traitements aériens (Zita), les nouveaux outils mis en place, la traçabilité des opérations, assurée par un système d'information appelé « Banatrace » visant à améliorer la programmation, le suivi et le contrôle des travaux d'épandage de produits phytosanitaires par aéronef, les alternatives terrestres aux traitements aériens...

Une journée riche en informations et en échanges, qui s'est terminée par la présentation des actions 2011-2012 de la section « Diversification végétale » et celle de l'état d'avancement et des perspectives du Plan banane durable.

Source: guadeloupe.franceantilles.fr