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Poulet bio : « Attention à la surproduction »

À Sainte-Hermine (Vendée), la société Bodin (groupe Gastronome-Terrena), leader du poulet bio, plaide pour une croissance raisonnée de la production.

Entretien

Bertrand Thomas et Yves Bodin.

Directeur et directeur commercialde la société Bodin.

Comment évolue le marché français de la volaille bio ?

En 2010, chaque semaine, l'ensemble des opérateurs français travaillant dans la volaille bio ont abattu une moyenne de 110 000 poulets (+ 13 %), 2 400 pintades (+ 3 %), 2 100 dindes (+ 10 %) et 900 canards (+ 26 %). On retrouve aujourd'hui la production de 2001 : sept millions de poulets bio.

Au lendemain de la deuxième crise de la vache folle, en 2002, il y a eu une envolée un peu irrationnelle des ventes de volailles bio. Les gens avaient besoin de se rassurer. Quand l'inquiétude s'est estompée, il y a eu une chute brutale des ventes dans les années 2003-2007.

Dans la foulée du Grenelle de l'environnement, l'engouement sur le bio est reparti sur des bases plus réfléchies et plus durables. On achète bio non seulement pour sa santé (pas de résidu de pesticides ni d'antibiotiques) mais aussi parce que le bio respecte l'environnement, le bien-être des animaux et parce ce qu'il s'inscrit dans une économie locale et solidaire. Le revenu de nos éleveurs est plus élevé de 20 % que le revenu d'un éleveur de volailles label.

Comment vous situez-vous sur ce marché ?

Née en 1979, la société Bodin abat chaque semaine 35 000 poulets bio, dans notre abattoir de Sainte-Hermine (90 salariés), seul outil européen exclusivement dédié à la volaille bio. Avec le tiers de la production nationale, nous sommes leaders. Nous avons deux marques : Douce France, distribuée en grandes surfaces et Le picoreur, à destination des boucheries traditionnelles, des supérettes et des magasins spécialisés.

Vous lancez une mise en garde. Pourquoi ?

La volaille bio se développe bien et attire du monde. Sans vouloir donner de leçon, nous disons à ceux qui arrivent sur le secteur : «  Attention, c'est un petit marché alternatif fragile, qui peut facilement se déséquilibrer.  » Il faut produire ce que le marché peut absorber. Si la clientèle n'est pas au bout, on entre en surproduction et les prix chutent.

Autres soucis : la flambée des céréales, le cahier des charges européen plus laxiste...

70 % de notre approvisionnement en céréales est régional. Nous essayons de lisser les prix en contractualisant avant la récolte avec les coopératives (Cavac, Corab, Terrena...). Nous n'avons répercuté que 3 % de hausse à nos clients. On ne veut pas « exploser » le prix final au consommateur qui est déjà supérieur de 30 % au prix d'une volaille label en raison du surcoût de l'aliment bio. Concernant le cahier des charges, nous serons vigilants pour maintenir, en France, une durée d'élevage minimale de 81 jours. On ne veut pas dégrader le contrat de confiance que nous avons avec le consommateur français : la volaille bio doit, au moins, être équivalente en qualité à la volaille label.

Source: ouest-france.fr

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