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Pas de gestion durable des déchets sans incinération responsable

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La gestion durable des déchets est capitale afin de répondre aux enjeux environnementaux qui se posent à nos sociétés actuelles. En effet, le coût des déchets s’accroît et souligne l’urgence du problème.

Selon l’ADEME, la dépense nationale liée à la gestion des déchets était de 7 407 millions d’euros en 1996. Dix ans après, cette dépense est propulsée à 11 623 millions d’euros, soit une augmentation de 36%. Que propose le Grenelle Environnement pour répondre à ces enjeux ? Existe-t-il une solution à privilégier pour gérer durablement les déchets ?

La politique de gestion des déchets du Grenelle Environnement reste floue

Plusieurs solutions peuvent être utilisées pour traiter les déchets : stockage, recyclage, incinération, et compostage sont les techniques de traitement majoritairement utilisées :

• La plus simple, le stockage dans des Centres d’Enfouissement Technique (CET) est à proscrire de par l’espace qu’elle requiert.

• Le recyclage, favorite du grand public, permet de réutiliser les déchets sous une nouvelle forme.

• L’incinération, handicapée par sa mauvaise image, permet la production d’électricité et de chaleur, mais chaque incinérateur a un coût de construction non négligeable.

• Le compostagepermet quant à lui une valorisation des déchets organiques.

• Enfin, une responsabilisation de notre mode de consommation doit être mise en avant pour faire face au nombre croissant de déchets.

Grande perdante du Grenelle, la politique des déchets reste floue et ne définit pas une stratégie claire quant au choix des filières de traitement. L’objectif majeur du Grenelle est de réduire la production de déchets et développer le recyclage, avec des objectifs précis tels que :

• Une réduction de la production d’ordures ménagères de 7% durant les 5 prochaines années ;

• Une augmentation du recyclage à 35% du poids total des déchets en 2012 et à 45% en 2015 pour les ordures ménagères, comparé à 24% en 2004 ;

• Une réduction du volume des déchets terminant leur vie dans des incinérateurs ou des sites de stockage de 15% avant 2012.

Cependant, l’absence de développement d’une technologie ou d’une pédagogie laisse un vide pour atteindre ces objectifs. Par défaut, le recyclage semble être le favori mais présente également ses limites.

Le recyclage ne peut supporter à lui seul toute la réduction des déchets

Souvent perçu comme la solution miracle, le recyclage accuse pourtant de difficultés économiques et matérielles. Trier et réutiliser les déchets comprend un coût conséquent que la vente des matériaux réutilisés ne peut compenser. Pour que le recyclage soit efficace et pour que le « tout recyclage » soit atteint, il faut disposer de filières de traitement adaptées, ce qui n’est pas le cas en France.

La « matière première » constituée par les matériaux recyclés est de plus en compétition avec les matériaux neufs, dont le coût fluctue selon la demande contrairement aux matériaux recyclés, devant couvrir le coût fixe de traitement. L’opportunité économique est donc soumise aux fluctuations du marché.

Enfin, le recyclage a une limite physique : au fur et à mesure des recyclages, le matériel perd de sa qualité et devient finalement un déchet inutilisable.

Les avantages que le recyclage peut avoir sont ainsi pénalisés par l’augmentation constante de notre production de déchets que seule une sensibilisation efficace est à même de limiter par la réutilisation directe des matériaux.

L’incinération, un traitement essentiel méconnu et peu apprécié

Le Grenelle Environnement, contrairement à la politique de nombreux pays européens, considère l’incinération comme une pratique à éviter. Lors des délibérations, certaines associations se sont élevées contre l’incinération, exigeant un moratoire sur la construction de nouveaux incinérateurs, avançant que ce procédé réduit la part de recyclage et présente un danger pour la santé publique. Cette position n’a pas été adoptée par le Grenelle, même si la diminution du tonnage de déchets incinérés est l’un des objectifs finalement adopté.

Ce rejet massif a pour principal argument une revendication obsolète : lors de la combustion des déchets les fumées comportent de nombreux gaz et toxines nocives, en particulier les dioxines, résidus cancérigènes provoquant entre autres des lésions cutanées. Cependant, depuis 1985 où les dangers liés à ces toxines furent découverts, tous les incinérateurs ont été adaptés pour respecter le niveau réglementaire d’émissions.

Ainsi, le véritable problème de l’incinération réside dans sa mauvaise image. Pourtant, il est intéressant de constater l’évolution actuelle de l’incinération classique avec l’apparition de nouvelles technologies, telles que la gazéification ou les torches à plasma. Celles-ci bénéficient, d’une meilleure image auprès du public, en particulier la gazéification. Comme l’expérience internationale l’a montré, la part des déchets enfouis ne peut être réduite sans l’incinération et ces nouvelles technologies pourraient permettre d’incinérer plus de déchets tout en produisant de la chaleur ou de l’électricité, créant ainsi une nouvelle source d’énergie.

Source: lesechos.fr
Le développement durable est une notion récente qui désigne des actions visant à concilier le monde de l'économie, avec celui de l'écologie et celui du social. Pour vous :