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Les crottes radioactives des lapins américains

BLOG-hanford-tanks On trouve des déchets nucléaires un peu partout sur la planète et même dans des endroits insoupçonnés. En l'occurence, les Américains ont dû tirer une sacrée tronche quand ils ont découvert que les crottes des lapins de l'état de Washington étaient... radioactives.

Il faut dire que les lapins en question sont les voisins du berceau du nucléaire mondial: le site d'Hanford. A quelques centaines de kilomètres de Seattle, le site s'étale sur plus de 1500 km2 sur un ancien territoire indien. Pendant plus de quarante ans, l'usine à plutonium du géant américain a produit en continu le combustible nécessaire à l'arsenal américain. C'est d'ailleurs du ventre d'Hanford qu'est sorti le plutonium de Fat man, la bombe qui a explosé à Nagasaki. En plus du plutonium, les neuf réacteurs ont accouché d'une tripotée de déchets chimiques et radioactifs de toutes catégories.

Chaque année, les scientifiques chargés de surveiller l'environnement analysent des échantillons -végétaux, animaux, ...- prélevés dans la nature. Cette année, dans leur besace, quelques petites crottes rondes qui se sont révélées bourrées de strontium et de césium. Forts de cette découverte, les chercheurs se sont creusés la tête pour savoir comment ramasser l'ensemble des déjections le plus efficacement et rapidement possible. Un hélicoptère équipé d'appareils de radiodétection a donc survolé 4000 hectares pour cartographier les merdes cunicoles et noter leurs coordonnées GPS. Il faut imaginer ça deux secondes: le secrétariat d'Etat de la première puissance mondiale envoie un hélico compter les merdes de lapins... Coût de la manip': 300000 dollars. «Mais ce n'est pas de l'argent jeté par la fenêtre, explique Dee Millikin, porte-parole de la structure en charge du nettoyage d'Hanford. Ainsi, nous pourrons retirer les excréments en quelques jours. Sans cela, il nous aurait fallu des mois!»

A Hanford, certains déchets radioactifs ont directement déversés dans le fleuve Columbia, d'autres ont été injectés dans le sol, tandis que les plus dangereux ont été stockés dans 177 cuves géantes enfouies dans le sol. Ce stockage aurait dû être temporaire, mais plus de cinquante ans plus tard, les cuves sont toujours là, et elles fuient. Elles relarguent un magma radioactif bourré de strontium, de césium et autres gâteries nocives pour des siècles. La nappe phréatique est contaminée et certains écoulements se diffusent lentement jusque dans le fleuve. Dans cette région semi-désertique, les lapins pullulent. Ces gentils rongeurs -qui ignorent les barrières du DOE- creusent leurs terriers à proximité des cuves. L'explication avancée par les autorités du site, c'est qu'ils se régalent des sels radioactifs qui s'écoulent à proximité de leurs terriers. Une fois ramassées, les irradiantes merdes seront stockées dans une décharge, comme il y en a tant sur le site d'Hanford.

Au passage, il est toujours amusant de savoir qu'Areva Inc, filiale américaine de notre fleuron industriel national, détient un paquet de contrats pour «nettoyer» le site. Il est dans un tel état de pollution que cela leur procurera du boulot pour des décennies. C'est pratique d'être à la fois en amont et en aval du cycle de la pollution nucléaire!

Source: Liberation.fr