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L'État ne peut plus financer la croissance verte

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Nathalie Kosciusko-Morizet s'en défend, mais l'État n'a plus les moyens de payer pour la croissance verte. C'est ce qui ressort d'un rapport que la ministre de l'Écologie a commandé au Conseil économique pour le développement durable. Censé explorer de nouvelles voies de financement, le texte s'ouvre sur un constat inquiétant : la réalisation des investissements nécessaires "se présente aujourd'hui sous un jour moins favorable". En cause, des "plans de relance [qui] ont fortement dégradé les finances publiques", et un "environnement économique plus incertain".

En France, "le grand emprunt", qui consacre 10 milliards d'euros sur 35 à l'environnement, "n'aura lieu qu'une fois", a d'ailleurs souligné NKM lors d'une conférence de presse lundi, tout en estimant qu'ajouté aux crédits du Grenelle, cela suffirait à financer l'ambition écologique française jusqu'en 2013. En clair, selon elle, le gouvernement de Nicolas Sarkozy a rempli ses engagements en matière d'environnement, mais la dynamique doit se poursuivre, sans avoir recours à l'argent public. "L'État demeure concerné, mais en premier lieu par son rôle de régulateur", précise le rapport.

Rien de concret

Il va donc falloir trouver d'autres sources de financement, comme le développement de l'investissement socialement responsable, le fléchage de l'épargne vers l'économie verte, le recours accru aux notations extra-financières des entreprises et des fonds d'investissement. Le Conseil pour le développement durable insiste surtout sur l'importance de l'implication du secteur privé. C'est loin d'être gagné. "Les financiers veulent des produits sur des horizons de plus en plus courts avec des taux de rentabilité de plus en plus élevés (...). Pour financer la croissance verte, il faut pouvoir s'engager sur le long terme", a résumé NKM, appelant les investisseurs à revoir leurs objectifs.

Un discours volontariste qui n'a pu masquer son manque de propositions concrètes pour faire changer les choses. La ministre n'ayant fait aucune annonce concrète d'ordre pratique. Elle a aussi botté en touche au sujet de la taxe carbone, pourtant l'un des outils majeurs en vue d'instaurer un "prix écologique" de l'énergie, jugé indispensable par les auteurs du rapport. Sacrifié sur l'autel de la realpolitik, après l'échec de la droite aux élections régionales, cet impôt écologique semble plus que jamais compromis, alors que le prix du pétrole flambe de nouveau. Et tant pis pour la semaine du développement durable.

 

Source: lepoint.fr