Accueil Développement Durable Vers une économie verte


Vers une économie verte

Note des utilisateurs: / 0
MauvaisTrès bien 

Lors du conseil d’administration du PNUE/Forum ministériel mondial sur l'environnement du 21 février 2011, le rapport, « vers une économie verte : pour un développement durable et une éradication de la pauvreté » a été présenté aux ministres de l’environnement d’une centaine de pays.

Ce rapport est un extrait d’une étude macroéconomique et s’inscrit dans le cadre de la préparation Rio+20 qui aura lieu en juin 2012.  « Les nations ont repris le chemin de Rio, mais dans un monde très différent de celui de 1992 » a  soutenu Achim Steiner, sous-secrétaire général de l'ONU et directeur exécutif du PNUE.

Il a déclaré que "l'économie verte présentée et illustrée dans le rapport du PNUE se veut une évaluation ciblée et pragmatique des premiers pas des pays, des communautés et des entreprises vers un schéma plus durable de consommation et de production. Ancré dans les principes de développement durable convenus à Rio en 1992, ce document reconnaît que les signaux fondamentaux qui pilotent nos économies doivent évoluer en termes de politiques publiques et de réponses des marchés".

Le PNUE définit l’économie verte comme une économie qui entraîne « une amélioration du bien-être humain et de l'équité sociale tout en réduisant de manière significative les risques environnementaux et la pénurie de ressources ».

Le rapport établit que la transition globale vers une économie verte caractérisée par de faibles émissions de carbone et l'utilisation efficace des ressources dégagerait des revenus par habitant supérieurs à ceux des modèles économiques actuels et réduirait l'empreinte écologique de près de 50 % en 2050 si elle est soutenue par des politiques nationales et internationales.

Ce rapport affirme qu’investir 2% du PIB mondial, ce qui représente 1300 milliards de dollars, dans dix secteurs clefs permettrait de procéder à cette transition : 134 milliards de dollars seraient consacrés à l’amélioration de l'efficacité énergétique et la construction des bâtiments verts ; 360 milliards de dollars seraient alloués pour lancer les énergies renouvelables ; plus de 75 milliards de dollars dans le verdissement des activités industrielles,  110 milliards pour les déchets et le recyclage, 108 milliards de dollars pour améliorer l'efficacité des systèmes agricoles, petites exploitations comprises ; 15 milliards de dollars dans le verdissement de la foresterie,  près de 110 milliards de dollars dans le verdissement de la pêche, comprenant une baisse de la capacité des flottes mondiales; 135 milliards pour le tourisme vert, 190 milliards pour les transports non motorisés et les carburants propres, et environ 110 milliards  le secteur de l'eau et l'assainissement.

A titre de comparaison le rapport établit que ce budget représente celui consacré à certaines subventions accordées à des activités non durables dans des domaines tels que les combustibles fossiles, l'agriculture (y compris les subventions aux pesticides), l'eau et la pêche qui contribuent à détériorer l’environnement.

Ainsi, investir environ 1,25 % du PIB mondial par an dans l'efficacité énergétique et les énergies renouvelables diminuerait la demande mondiale d'énergie primaire de 9 % en 2020 et de près de 40 % en 2050.

Le rapport admet que cette transition entraînera à court terme des pertes d’emplois dans certains secteurs (tel que celui de la pêche) mais la création de nouveaux emplois viendront rapidement les compenser. Dans ce cadre, afin que cette transition soit acceptable socialement et économiquement, il préconise une réallocation des subventions vers des activités plus « propres » ainsi qu’un investissement dans la recherche.

En outre, le rapport insiste sur le fait que la mise en place d’une économie verte serait à la fois favorable pour les économies développées mais aussi pour les pays en développement en tant que catalyseur essentiel de croissance et d’éradication de la pauvreté,  90 % du PIB dépendant de la nature ou du capital naturel.

Par exemple, le programme National Rural Employment Guarantee Act  assure au moins « 100 jours de travail rémunéré aux ménages ruraux, investit plus de 80 % des 8 milliards de sa dotation dans des activités liées à la conservation de l'eau, l'irrigation et le développement foncier ». Le PNUE explique également que les politiques qui réorientent plus de 0,1 % du PIB mondial par an pourraient « contribuer à résoudre les problèmes d'assainissement et préserver l'eau douce grâce à une réduction de la demande en eau d'un cinquième par rapport aux estimations d'ici 2050 ».

Les gouvernements ont donc un rôle pivot à jouer. Ils doivent mettre en place des « politiques publiques novatrices et originales favorisant les conditions favorables, qui inciteront les marchés et les investissements directs du secteur privé à choisir la voie de la transition vers une économie verte ». Le cadre réglementaire et le système de taxation doivent notamment être adaptés et incitatifs.

« L'économie verte ne consiste pas à étouffer la croissance et la prospérité, mais à se reconnecter à la véritable richesse, à réinvestir dans le capital naturel au lieu de l'exploiter et à favoriser le plus grand nombre plutôt qu'une minorité. Il s'agit de mettre en place une économie mondiale consciente aussi de la responsabilité des nations à transmettre une planète productive, en bonne santé et en bon état de fonctionnement à la jeunesse d'aujourd'hui et aux générations futures », a affirmé M. Sukhdev détaché par la Deutsche Bank et responsable de l'Initiative pour une économie verte du PNUE.

Il est prévu que l'équipe en charge de l'Économie verte au PNUE présente dans plusieurs capitales à travers le monde.

Pour en savoir plus :

Source: envirolex.fr

Le développement durable est une notion récente qui désigne des actions visant à concilier le monde de l'économie, avec celui de l'écologie et celui du social. Pour vous :