Accueil Parlons Bio... La première ferme aquacole bio de l’île


La première ferme aquacole bio de l’île

SAINT-PAUL. La ferme aquacole de l’Etang vient d’obtenir son certificat bio. Une première à la Réunion. Le fermier, Rémy Commins, espère désormais pouvoir développer son activité et fourmille déjà de nouveaux projets.

 

Déjà certifiée pour ses fruits et légumes, la ferme Natura, implantée près de l’Etang à Saint-Paul, vient d’obtenir le label bio, pour ses poissons d’élevage. Un aboutissement pour Rémy Commins qui a relancé la structure en 2004. “Ça a toujours été mon objectif, ça me paraît tout à fait naturel” explique-t-il. “Mais j’étais jusque-là bloqué par les aliments que je ne trouvais pas en bio”. La situation s’est décantée il y a un peu plus d’un an, lorsqu’à la suite d’un premier article dans le JIR, le patron de Nutrima, une usine de fabrication d’aliments, est venu visiter l’exploitation.

Ni hormones, ni antibiotiques

“Nous avons entamé à cette époque une collaboration pour mettre au point une solution 100 % végétale”, poursuit Rémy Commins. Après douze mois de travaux, la formule a convaincu les certificateurs. “C’était la seule ligne du cahier des charges qui manquait, pour le reste, j’étais déjà aux normes”. L’aquaculture biologique exige en effet de respecter une multitude de procédures écologiques. Interdiction d’injecter des hormones sexuelles, courantes dans les élevages conventionnels. Interdiction d’utiliser des antibiotiques, généralement employés pour lutter contre le stress lié à de trop fortes densités. Pas d’oxygénation supplémentaire ni de variations de températures artificielles… La liste est longue. Rémy Commins compte désormais s’appuyer sur son label pour développer l’activité et muscler sa production. Seuls 4 de ses 19 étangs sont aujourd’hui en eau et sa production ne dépasse pas les 4 tonnes annuelles. Son objectif à l’horizon 2012 : 19 tonnes. Pour l’heure, la production s’écoule surtout par vente directe aux particuliers ou auprès de quelques restaurants haut de gamme de l’île. Mais des demandes commencent à arriver en provenance de différentes grandes surfaces.

Un projet d’algoculture

Encourageant, d’autant que le poisson bio élevé dans ces plans d’eau n’est pas plus cher que le poisson élevé dans les autres structures de l’île. “Cela demande un surcoût de main-d’œuvre mais on économise sur d’autres postes comme les antibiotiques ou l’oxygénation et au final ça s’équilibre”, explique l’aquaculteur. Un argument de poids contre les “bio-sceptiques” porteurs d’un discours trop souvent répété : “Le bio, c’est plus cher, ce n’est pas pour tout le monde”. Confrontée jusqu’ici à une certaine frilosité bancaire, la ferme va devoir néanmoins trouver de nouvelles ressources financières pour développer son activité et répondre à une demande en croissance constante. Rémy Commins devrait changer bientôt sa structure juridique pour ouvrir son capital et créer à terme une demi-dizaine d’emplois. Si des investisseurs l’accompagnent, Rémy Commins prévoit également de développer l’algoculture dans ses bassins et ses étangs. Des micro-algues d’eau douce aux multiples usages industriels et commerciaux. Et ne cache pas son envie de développer l’exploitation de plantes naturellement riches en protéines. Un secteur à peine émergent mais considéré comme extrêmement prometteur.

Source: clicanoo.re

Pour vous le bio c'est