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Du bio au local, un nouveau défi pour l'agriculture

Suite à une enquête menée en 2010, la communauté de communes veut mettre l'accent sur les productions bio et durables. Elles existent déjà, mais il n'est pas toujours facile d'acheter local.

Herbiers, deux magasins sont spécialisés en produits d'origine biologique : Le bio en herb', sur la place des Droits de l'Homme et Nature verte, route de Beaurepaire. Le premier est implanté depuis 2007 et le deuxième depuis... juin 1979. « Nous étions des précurseurs, raconte Yvonnick Chaigneau, propriétaire du magasin. On nous a pris pour des fous. »

En 2010, dans une étude menée par la communauté de commune auprès de 500 familles, 77 % d'entre elles se disent consommatrices de produits bio. Effectivement, Yvonnick observe une plus grande ouverture d'esprit des consommateurs face au bio, « Ce qui est assez réjouissant, c'est que ce sont plutôt les jeunes qui font la démarche. » Pour autant, le changement n'est pas phénoménal. Anthony Bertin, chez Bio en herb', conserve une clientèle d'habitués, « ce sont des gens qui militent pour la plupart, même s'il y a des nouveaux. »

Difficile d'acheter bio et local

Première surprise, dans les magasins bio, peu de produits locaux. Yvonnick se fournit surtout à Nantes, pour les produits frais, les légumes ou le pain, et ses marchandises viennent majoritairement des Pays de la Loire. Chez Bio en herb', on l'avoue, cela vient de Rungis. « Les producteurs vendent en direct, ce n'est pas intéressant pour eux de passer par nous, explique le gérant. Et il n'y a pas beaucoup de maraîchers bio sur le secteur. » Paul Vieille, producteur de fromage et lait bio à Mouchamps confirme : « On a traditionnellement peu de maraîchers sur la zone. »

Mais il y a tout de même 18 agriculteurs bio, toutes productions confondues, installés sur le canton des Herbiers et une dizaine en cours de reconversion. Ce ne sont donc pas les producteurs qui manquent, la problématique est différente.

Favoriser les circuits courts par des aides

En lait, viande ou céréales, la transformation du produit oblige les agriculteurs à travailler avec des coopératives. Paul Vieille donne un exemple : « Le lait peut-être collecté aux Épesses, envoyé à Nantes, conditionné, et revenir dans les supermarchés herbretais par le biais des centrales d'achat. » Au final, le consommateur achètera du lait bio, sans savoir si celui-ci vient des Epesses ou de Bretagne. « En Vendée, les aides à la transformation sur la ferme démarrent tout juste, ajoute le producteur. Avant, il y avait une volonté de soutenir l'intensif, cela commence à changer. »

Pour autant, il est possible de rentrer dans les circuits courts, avec la vente directe à la ferme ou sur le marché. Par contre, il reste toujours la question du prix des produits pour le consommateur. « Le bio demande plus de main-d'oeuvre pour moins de rendements, c'est automatiquement plus cher, assure Paul. Mais le consommateur va s'y retrouver ailleurs. Par exemple, lorsque les coûts de dépollution payés par les collectivités commenceront à baisser. »


Source: ouest-france.fr/

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