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Qu'est-ce qui tue les abeilles ?

Prenant le relais des apiculteurs inquiets, le sénateur de l'Aveyron, Alain Fauconnier, vient de monter au créneau auprès du ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire.

« Le jour où l'abeille disparaîtra, l'homme n'aura plus que quatre années à vivre », prédisait Albert Einstein. Pas très rassurant, d'autant que depuis plusieurs mois, les apiculteurs aveyronnais, professionnels comme amateurs, confrontés à une mortalité exponentielle des essaims, alertent l'opinion. Mais ils ne sont plus seuls. Des politiques, à l'instar du sénateur Alain Fauconnier, prennent le relais. Ainsi, début octobre, a-t-il interpellé le ministre de l'Agriculture en lui indiquant : « Pour le département de l'Aveyron, la fourchette de destruction des ruches, sur le seul hiver 2009-2010, a été de 3 500 à 5 000 ruches. Si un département en compte autant, qu'en est-il à l'échelon national ? De quelle manière peut-on évaluer la destruction de l'ensemble des ruchers, puisque les prélèvements de mortalité adressés, par l'entremise de la DSV, à l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments, l'AFSSA, ne sont pas satisfaisants ? ». Ce qui l'incite à penser que « les réponses données par cet organisme sont toujours des réponses d'analyses pathologiques. Or, ce qui semble le plus important, ce sont les analyses toxicologiques ». Face à cette mortalité relevant de l'extraordinaire, certains apiculteurs ont réalisé des prélèvements qu'ils ont adressés directement au CNRS, sans donner de piste de recherche.

Il a été découvert des traces importantes de deltaméthrine. Cette molécule ainsi que la perméthrine sont les composantes principales des traitements contre la fièvre catarrhale ovine. « Or, cette analyse n'est pas prise en compte, parce que les prélèvements n'ont pas été faits dans les règles procédurales requises », déplore Alain Fauconnier.

Pas de corrélation

Sur ce point, Bruno Le Maire a rétorqué : « Nous avons donc conduit une enquête épidémiologique sur le sujet. Les résultats de cette enquête ne permettent pas d'établir une corrélation entre la mortalité des abeilles et les traitements insecticides utilisés dans le cadre de la lutte contre la fièvre catarrhale ovine ». Reste, comme le stipule le sénateur, que d'autres signes ont pu être relevés par plusieurs apiculteurs : des diminutions progressives du nombre d'abeilles malgré un couvain normal ; des désertions de ruches malgré des réserves abondantes ; des abeilles traînantes, incapables de voler ; une agitation anormale devant les ruches…

Cette situation engendre une chute de manière très significative de la production de miel. Et ce alors même que la consommation monte en flèche… De plus, il pointe ce paradoxe qui fait qu'« aujourd'hui, le biotope des abeilles est nettement meilleur en ville qu'à la campagne… On trouve, à Paris, des ruchers extraordinaires, alors qu'on enregistre en milieu rural des pertes catastrophiques ! ».


repères

Le chiffre : 35

ruches neuves > décimées sur l'Aubrac. Dans son intervention, Alain Fauconnier a pris l'exemple, parmi d'autres, de la situation de ce rucher de l'Aubrac, composé de trente-cinq ruches neuves, avec de nouveaux cadres et des essaims de l'année, et qui a été totalement décimé à l'issue de l'hiver 2009- 2010.

« Certains apiculteurs ne désirent pas que les pourcentages de pertes sur leur exploitation soient connus. Nous savons ainsi que des pertes importantes n'ont pas été déclarées. »

Alain Fauconnier, sénateur


Frelon asiatique, l'autre prédateur

Dans ses publications, l'Association apicole met en garde sur les risques auxquels se confrontent les abeilles. à commencer par l'utilisation massive des pesticides, qui menacent cet insecte pollinisateur. En butinant, l'abeille absorbe les toxines dont les effets sont variables selon les doses ingérées : perte rapide de ses capacités d'orientation et impossibilité de retrouver la ruche, mort dans les 24 heures si la dose létale est atteinte, mort après plusieurs jours par ingestion répétée lors des récoltes successives. Sans oublier les dégâts plus que conséquents de ce nouveau prédateur qu'est le frelon asiatique. Il est apparu il y a trois années et aujourd'hui est bien implanté en particulier dans le Sud-Ouest, où il cause des dégâts catastrophiques sur les ruches. Le ministère chargé de l'écologie a lancé le 10 février dernier une consultation des services de l'État pour identifier les pistes d'expérimentation.

« Cela nous permettra, note le ministre de l'Agriculture, de faire le point d'ici à la fin 2010, d'une part, sur la connaissance et la diffusion de cette espèce et, d'autre part, sur les risques encourus, du point de vue tant de la sécurité que des impacts sur les activités économiques ainsi que sur le milieu naturel ». Les résultats de ces évaluations seront connus d'ici la fin de cette année. Sur la base de ces résultats, devrait être élaboré un plan d'action.

Source: Ladepeche.fr

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