Accueil Actualités Végétaux, chevreuils ou crapauds: la trame verte cherche son tracé


Végétaux, chevreuils ou crapauds: la trame verte cherche son tracé

Note des utilisateurs: / 1
MauvaisTrès bien 

Ici, on recense les végétaux. Là, on cartographie les déplacements du chevreuil. Ailleurs, on aménage les berges de Seine. La trame verte et bleue, un statut de protection de la nature promu par les lois Grenelle, prend peu à peu forme sur le territoire français.

Face à l'érosion de la biodiversité, la restauration d'une trame verte (sur terre) et bleue (cours d'eau) est un dispositif majeur de la loi Grenelle 2 adoptée en juillet. L'objectif étant de préserver ou rétablir des voies d'échange entre espèces, animales et végétales, en constituant de grands espaces naturels et des corridors les reliant.

Sans attendre une contrainte réglementaire effective, nombre de collectivités ont profité de l'élan du Grenelle pour repartir à la redécouverte de leurs espaces naturels.

"N'importe quelle bande enherbée peut être une trame verte. Cela ne veut rien dire en soi si on ne se pose pas la question de savoir pour quelle espèce, avec quelques objectifs", rappelle Claire Poinsot, du bureau d'étude Biotope qui mène actuellement un diagnostic biodiversité à Marne-la-Vallée.

Dans l'une de ces "villes nouvelles à la campagne" des années 60, la nature est encore très présente mais pas toujours bien connue. D'où la volonté de procéder à cet état des lieux visant à intégrer la protection de la nature dans la politique d'aménagement urbain.

"Le terme de continuité écologique porté depuis des années par les associations et écologues, ça bloquait. La trame verte et bleue, née du Grenelle, le commun des mortels se l'est appropriée et ça a permis de faire un bond", se félicite cette responsable régionale du bureau d'étude.

"Le Grenelle n'est pas un sujet réglementaire, mais davantage une prise de conscience collective qu'on ne peut plus faire la ville comme il y a 20 ans", assure Pascal Berteaud, directeur général d'Epamarne, l'aménageur de Marne-la-Vallée.

Les habitants de cette ville ont récemment découvert des cartographies précises des espaces forestiers (ceux du chevreuil), des espaces ouverts (ceux du lapin), et des espaces humides (prisés des crapauds), permettant d'identifier les corridors à r de préserver dans les aménagements futurs.

Avec l'ambition d'en tenir compte dans les futurs schémas, à défaut de transformer les projets en cours: "Revenir sur l'existant, c'est plus compliqué, commençons par intégrer dans le futur, c'est là que ça ne coûte pas cher", justifie M. Berteaud.

Dans les Hauts-de-Seine, le conseil général s'attache à faire "sauter les verrous qui étaient sur la trame bleue située le long de la Seine", explique Odile Fourcade, élue en charge du développement durable. Pour restaurer cette continuité, un "parc écologique" de 14 hectares a été créé à Nanterre et les berges dégradées ont été "confortées".

Dans ce département, des études de faisabilité sont également en cours en lien avec la protection des amphibiens, notamment autour de l'étang d'Ursine, qui abrite l'une des plus importantes populations d'Ile-de-France.

Pour faciliter les migrations de crapauds entre leur lieu d'hibernation et de reproduction, menacées par des routes, plusieurs pistes sont examinées, comme des acquisitions de terrain, la construction de "crapauducs" ou la suspension ponctuelle de la circulation automobile, selon Biotope.

"Il faut y aller!", encourage Christophe Aubel, directeur de la ligue ROC pour la nature.

Mais la démarche, exigeante, nécessite "de vrais inventaires de terrain", met-il en garde. "Il ne faut pas se baser uniquement sur les connaissances soi-disant acquises car on se rend compte qu'il y a trop de lacunes."

Source: romandie.com