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Biomasse

Dans le domaine de l'énergie, et plus particulièrement des bioénergies, le terme de biomasse désigne l'ensemble des matières organiques d'origine végétale (algues inclues), animale ou fongique pouvant devenir source d'énergie par combustion (ex : bois énergie), après méthanisation (biogaz) ou après de nouvelles transformations chimiques (biocarburant).

L'énergie tirée de la biomasse est considérée comme une énergie renouvelable et soutenable tant qu'il n'y a pas surexploitation de la ressource, mise en péril de la fertilité du sol, tant qu'il n'y a ps de compétition excessive d'usages (des terres arables, de l'eau), ni d'impacts excessifs sur la biodiversité, etc.).
De plus, bien que présentant de nombreux avantages écologiques et en terme de développement local, elle peut être polluante (CO, CO2, fumées, goudrons) si mal utilisée ou si la biomasse utilisée était polluée par des métaux lourds, radionucléides, etc. (sachant que les ressources fossiles sont également naturellement contaminées par des métaux, souvent plus que le bois)

Comme dans le cas des ressources fossiles, il s'agit en quelque sorte d'une forme de stockage conjoint d'énergie solaire et de carbone, provenant toujours originellement des plantes ou du phytoplancton et du carbone, grâce à la chlorophylle, mais récente. Elle libère du CO2 en brûlant, comme le charbon, le gaz ou le pétrole, mais ce carbone a récemment été extrait de l'atmosphère via la photosynthèse et peut théoriquement être à nouveau capté par les plantes, alors que ce processus a eu lieu il y a des millions d'années pour les ressources fossiles et que les plantes et algues marines ne suffisent plus à absorber le carbone issu des hydrocarbures fossiles. Elle peut être tirée de la nature ou cultivée (agrocarburants, agrocombustibles )

La biomasse est utilisé par l'homme depuis qu'il maîtrise le feu. Elle reste la première énergie renouvelable utilisée dans le monde, pour le chauffage et la cuisson surtout, mais essentiellement dans les pays peu industrialisés. L'énergie tirée de la biomasse intéresse à nouveau les pays riches confrontés au dérèglement climatique et à la perspective d'une crise des ressources en hydrocarbures fossiles. C'est une filière encore peu visible, mais en développement, y compris sous des formes industrielles avec les agrocarburants.
Avec 30,7 % du total mondial, les États-Unis sont le premier producteur d'électricité à partir de la biomasse, devant l'Allemagne et le Brésil (7,3 %).

Dans l'absolu, le bilan quantitatif CO2 d'une installation est nul quand toute l'énergie qu'il a fallu dépenser pour extraire du combustible de la biomasse provient elle aussi de la biomasse. En régime industriel établi, il est possible d'utiliser de la biomasse pour le fonctionnement de l'installation, en veillant à ne pas libérer d'autres gaz à effet de serre (méthane (CH4) notamment qui a un pouvoir réchauffant environ 21 fois plus important que le CO2 (à court terme, mais il disparait plus vite que le CO2). Une fuite sérieuse dans une installation de méthanisation rendrait son bilan GES très négatif.

Son introduction dans les systèmes énergétiques contribue à réduire (en terme de bilan global) les émissions de gaz à effet de serre, voire à restaurer certains puits de carbone (semi-naturels dans le cas des boisements et haies exploités).

Histoire 

Le feu est utilisé par l'homme pour cuire et se chauffer ou s'éclairer (torche, lampe à huile) depuis plusieurs dizaines de milliers d'années
Des machines à vapeur et des aérostats sont alimentés par du bois.
A la toute fin du 19ème siècle, Rudolf Diesel, ingénieur thermicien conçoit, pour remplacer la machine à vapeur, un moteur fonctionnant à l'huile végétale (et non au fuel).
De récentes crises ont relancé l'intérêt pour la biomasse ; des gazogènes gazéifiant du bois ont équipé de nombreux véhicules quand le pétrole a manqué durant les deux guerres mondiales.
Les deux dernières grandes crises pétrolières ont relancés l'usage du bois de chauffage, voire de la tourbe
Depuis le sommet de la terre de rio, c'est l'objectif de développement durable, puis avec Kyoto celui de lutter contre le dérèglement climatique qui entretient ou renouvelle cet intérêt. En 2007, selon la FAO, 53% du bois coupé dans le monde l'était pour le chauffage. De manière plus détaillée, ce taux était de 8% en Amérique du Nord, 21 % en Europe, 53 % en Amérique du sud, 77% en Asie et 90 % en Afrique).

Constituants de la biomasse

On en distingue trois principaux, auxquels correspondent des procédés de valorisation spécifiques :

  • La biomasse lignocellulosique, ou lignine, constituée par :
    • le bois et les résidus verts,
    • la paille,
    • la bagasse de canne à sucre,
    • le fourrage.
La valorisation se fait plutôt par des procédés par voie sèche, dits conversions thermochimiques.
  • La biomasse à glucide, riche en substance glucidique facilement hydrolysable :
    • les céréales
    • les betteraves sucrières
    • les cannes à sucre
La valorisation se fait plutôt par fermentation ou par distillation dits conversions biologiques.
  • La biomasse oléagineuse, riche en lipides :
    • Colza,
    • Palmier à huile, etc.
Elle peut être utilisée comme carburant. Il y a deux familles de biocarburants : les esters d'huiles végétales (colza) et l'éthanol, produit à partir de blé et de betterave, incorporable dans le super sans plomb sous forme d'Ethyl Tertio Butyl Ether (ETBE, voir bioéthanol).


Valorisation de la biomasse

Sous forme de chaleur: les bioénergies Cas du bois

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Bois sous forme de bûches pour chauffage. Le bois énergie est un type de bioénergie utilisant la biomasse.

L'énergie chimique du bois est libérée par combustion sous forme de chaleur et utilisée directement pour le chauffage ou pour produire de l'électricité. Le bois comme source de chauffage est utilisé à toute échelle. Plus rarement on utilise la pyrolyse.

Menaces - Les inconvénients sont :

  • Les coûts et impacts du transport pour amener le bois là où la ressource manque,
  • Le risque de contribution à la déforestation ou à une surexploitation des forêts, ou à un accaparement de terres pour y délocaliser une production de biocarburant pour les pays riches . Ainsi, rien qu'en Afrique, ce sont 4,5 millions d’ha de terres (surface équivalente à celle du Danemark) qui seraient en cours d'acquisition par des investisseurs étrangers pour y cultiver des agrocarburants, au détriments des cultures vivrières locales ou de la forêt
  • Les problèmes de pollution atmosphérique induits par à la combustion du bois (combustible solide) (concerne notamment les anciens systèmes de chauffage non automatiques, et le contexte urbain). L'utilisation de bois ou de charbon de bois dans des foyers mal conçus ou mal ventilés peut entraîner des problèmes de santé pour les habitants et riverains.

Réduction des risques :

En revanche, si les surfaces dévolues aux forêts restent constantes, à proximité des lieux d'utilisation, et que la quantité prélevée est plus ou moins remplacée, alors l'utilisation n'aggrave ni l'effet de serre ni la déforestation.

Les autres combustibles sont en principe des lignines. La valorisation énergétique est très variable.

Le Miscanthus (ou herbe à éléphant), fait l'objet d'études au Royaume-Uni, en Belgique et aux États-Unis. Il présente l'avantage d'avoir un très bon rendement énergétique (supérieur à celui du charbon à volume égal).

Par conversion biologique

Biogaz


On appelle biogaz les effluents gazeux, méthane essentiellement, issus de la fermentation de matières organiques contenues dans les décharges, les stations d'épuration, etc. Le méthane est un puissant gaz à effet de serre et sa captation est de toute façon hautement souhaitable. Il peut être considéré comme une ressource énergétique, souvent via sa combustion pour produire de la vapeur et de l'électricité ; son utilisation directe dans des moteurs à gaz pauvres peut aussi être envisagée.

Compost


Le compostage est un procédé biologique simple et naturel par lequel la matière organique (résidus verts ou résidus de jardin, résidus de cuisine et restes de table) se décompose sous l'action des micro-organismes.

En combinant des conditions adéquates d'aération, une juste teneur en humidité et une bonne température, avec une recette équilibrée d'ingrédients à base de carbone (C) et d'azote(N), le compostage permet d'obtenir un amendement organique riche en composés fertilisants. Ce compost est un terreau utile en jardinage (autant dans les jardins que pour les plantes d'intérieur). Le compostage représente une solution efficace pour mettre en valeur ce qui est biodégradable et qu'on retrouve dans une proportion de plus de 40 % dans l'ensemble des matières résiduelles. Mais attention, le compostage libère de grandes quantités de méthane, gaz dont le pouvoir réchauffant est 21 fois plus élevé que celui du CO2.

Sous forme de carburant : les biocarburants

Il y a deux familles de biocarburants :

  • l'huile végétale brute, et les esters d'huiles végétales (colza,...)
  • l'éthanol, produit à partir de blé et de betterave, incorporable dans le super sans plomb sous forme d'Ethyl Tertio Butyl Ether (ETBE, voir bioéthanol).
  • 

Comparaison des usages,

Risques

Évaluer les différentes formes de valorisation nécessite de comparer les usages, ce qui suppose de mettre en place des méthodes d'évaluation et de traçabilité des filières.

La mise en place de la traçabilité en agroalimentaire fait l'objet de réglementations (notamment dans l'Union européenne). Elle est encouragée par des normes (ISO 22000).

La traçabilité permet également de réduire les risques, donc les coûts indirects pour la collectivité.

Gains en valeur carbone

La valeur de la tonne de carbone en 2006 est de l'ordre de grandeur de 100 euros. La valeur marchande de la tonne d'équivalent CO2 est très volatile: elle dépend (entre autres) du prix du pétrole, des décisions politiques de Bruxelles (nombre de quotas, politique énergétique à long terme de l'UE) et de la spéculation. Au 13 mars 2008, la Tonne d'Equivalent CO2 valait 22 euros et quelques.

Comparaison de filières

Pour fiabiliser ces évaluations, il est souhaitable de :

  • mieux identifier les agents économiques des filières concernées,
  • mettre en œuvre les projets industriels correspondants, sous la responsabilité d'un ensemblier, qui connaît les parties prenantes, les étapes de la filière (production, transport,...), le mode projet (cahiers des charges,...), les contraintes (sécurité, législation, normalisation...)
  • tendre vers des filières intégrées,
  • effectuer des calculs de rentabilité économique, en évaluant les actifs engagés (création de valeur).

Source: WIKI


Le développement durable est une notion récente qui désigne des actions visant à concilier le monde de l'économie, avec celui de l'écologie et celui du social. Pour vous :