Accueil Actualités L’agro-écologie étouffée par la mondialisation des échanges
Share to Facebook Share to Twitter Share to Google 


L’agro-écologie étouffée par la mondialisation des échanges

Note des utilisateurs: / 1
MauvaisTrès bien 


Un projet d’avis du Conseil économique, social et environnemental (CESE) a été présenté à la presse hier midi alors que le sujet faisait l’objet d ‘un débat en vue de son adoption le jour même. La rapporteure de cet avis se nomme Cécile Claveirole. Consultante et journaliste en environnement, elle siège au CESE à la section de l’agriculture de la pêche et de l’alimentation. En fin de journée, l’avis a été voté avec 154 votes pour, 2 contre et 26 abstentions.

Lors de la présentation du document aux journalistes, hier midi, Etienne Gangneron, président en titre de la section de l’agriculture, de la pêche et de l’alimentation, présidait, comme il est de coutume, ce point de presse au siège du CESE. Il éleveur en agriculture biologique et membre de la direction nationale de la FNSEA. Alors que la personnalité qui préside une section du CESE fait habituellement connaître le sujet en quelques mots avant de céder la parole au rapporteur, Etienne Gangneron n’a pas dit un mot sur le sujet avant d’inviter Cécile Claveirole à s’exprimer. Pour comprendre cette discrétion, il fallait regagner son bureau une heure plus tard et découvrir  un communiqué de presse mis en ligne à 12H 34 sous le titre : « Avis sur l’agro-écologie au CESE : une occasion manquée». Le texte était signé de sept organisations agricoles et para-agricoles dont la FNSEA, le Crédit Agricole et l’assureur Groupama.

Le communiqué fait savoir que « le groupe de l’agriculture n’approuvera pas ce texte ». En voici les raisons essentielles telles que formulées par les sept organisations signataires : « Nous avons dit que pour relever tous les défis  économiques sociaux et environnementaux et nous engager plus largement encore dans l’agro-écologie, il nous faut plus d’innovation, plus de recherche, plus d’expérimentation au service des agriculteurs qui construisent aussi une expertise. Il nous faut renforcer les filières tout au long  de la chaîne alimentaire. Il nous faut d’abord un vrai projet agricole européen qui ne soit pas mené uniquement par le droit de la concurrence ».

Cette dernière phrase est pertinente. N’ayant pas connaissance de ce communiqué au moment où Cécile Claveirole répondait aux questions de journalistes, je lui avais demandé pourquoi la présentation du rapport occultait la question de la baisse du revenu paysan provoqué essentiellement par la multiplication des accords de libre échange que la Commission européenne négocie en étant mandatée par les Etats membres de l’Union européenne. Elle m’a répondu que le rapport l’abordait un peu. Très peu en réalité.

Quand les fermiers américains ne veulent plus des OGM

Cela étant, quand le communiqué commun de la FNSEA, des coopératives et des financiers en lien avec l’agriculture parle de «plus d’innovation, plus de recherche, plus d’expérimentation», c’est pour suggérer en creux qu’il faut passer par les Organismes génétiquement modifiés (OGM), sans recourir au sigle dans le discours. Justement, à propos des OGM, la correspondante du quotidien Les Echos à New York écrivait dans l’édition du 22 novembre que « certains agriculteurs américains se demandent s’ils ont toujours intérêt à cultiver  des organismes génétiquement modifiés qui leur coûtent jusqu’à deux fois plus cher à planter que des semences classiques ».

Lire la suite de l'article
Source: http://www.humanite.fr