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Une Ferme Urbaine, ou comment cultiver en pleine ville

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La gare Saint-Sauveur a rouvert ses portes au public. Avec des expositions, comme d’habitude. Avec son célèbre Bistrot de Saint-So, qui a subi un lifting hivernal. Mais aussi avec sa ferme urbaine, appelée « Farm for change », qui attire les regards. Une trentaine de gros sacs remplis de terre ont été disposés au niveau du grand hall d’entrée, avec à l’intérieur, toutes sortes de plantes et d’aromates (menthe, persil, fines herbes…).

Protection du patrimoine végétal lillois

À l’initiative de ce projet perçu comme une locomotive de renaissance d’un territoire, on retrouve Lille-Design, plateforme de promotion du design au service du développement économique. Et Design for Change, association qui mobilise chaque année 300 étudiants dans le monde, par le biais d’un concours, pour imaginer des solutions innovantes. Les deux organismes sont accompagnés par Lille 3 000 (dans le cadre de l’événement Renaissance attendu pour septembre), et la ville de Lille.

Cette ferme urbaine hors sol, imaginée par les étudiants paysagistes de l’école de Versailles, est l’aboutissement d’un travail de plus de 3 ans qui porte sur la protection du patrimoine végétal lillois. Comment encourager à cultiver ce que la nature nous livre sans que l’on intervienne ? Comment apprendre à reproduire les graines non-hybrides (variétés anciennes non génétiquement modifiées qui peuvent se reproduire), à consommer les plantes « oubliées », les herbes comestibles ? Cette ferme, sur le principe d’un jardin partagé, entend répondre à ces questions qui sont dans l’air du temps.

Cuisine, épicerie, menu de la ferme…

L’idée est d’améliorer la qualité de vie des habitants, qui font partie intégrante du projet : ils sont invités à aller chercher des graines (12 sortes différentes pour le moment) dans un « comptoir » prévu à cet effet (à côté du potager), pour pouvoir les cultiver à la maison, et les replanter à Saint-Sauveur. Ces graines sont accompagnées de fiches explicatives, indiquant la manière de faire germer et récolter.

La ferme urbaine n’en est qu’à ses prémices : outre l’espace actuellement occupé, la friche située derrière le bâtiment accueillant les expos va être en partie utilisée, sur un hectare. D’ici quelques semaines, 300 sacs (appeléssmart pots) prendront place, à côté notamment d’une cuisine participative. La volonté de Design for Change est qu’à terme, la ferme devienne un laboratoire d’exploitation. « C’est un lieu assez rare, avec une ambiance particulière et très agréable, où il y a beaucoup de plantes sauvages rares, protégées, qui poussent et que l’on peut utiliser, explique Adeline Vicart, coordinatrice chez Design for Change. Un menu de la ferme sera proposé par le Bistrot de Saint-So, et une petite épicerie-boutique sera installée pour que les visiteurs puissent acheter des produits issus de la ferme, comme de la confiture faite à base d’églantier, du pesto et de la soupe grâce aux orties… L’enjeu n’est pas de nourrir tout un quartier, mais plutôt de faire de la pédagogie, de la sensibilisation, de l’expérimentation, de créer du lien social. Et le projet fonctionnera si les gens s’en emparent. »

 

Source et suite de l'article: croixdunord.com